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Phosphate algérien : le géant indonésien des engrais envisage d’investir en Algérie

Phosphate algérien : le géant indonésien des engrais envisage d’investir en Algérie
Illustration du secteur minier algérien et de l'intérêt de l'Indonésie pour le phosphate de Tébessa.

Pupuk Indonesia, le premier producteur d’engrais d’Indonésie, cherche à sécuriser ses approvisionnements en phosphate et en potasse. L’entreprise publique étudie des investissements dans quatre pays, dont l’Algérie. Un nouvel intérêt étranger pour le phosphate algérien, à l’approche de la mise en service du mégaprojet de Tébessa.

Pupuk Indonesia cite l’Algérie parmi quatre pays où investir

L’entreprise publique indonésienne Pupuk Indonesia étudie des investissements, voire des acquisitions, dans des mines de phosphate et de potasse. Elle examine des opportunités au Bélarus, au Canada, en Russie et en Algérie, selon la presse indonésienne. Son objectif : sécuriser ses matières premières et réduire sa dépendance aux importations.

Dade Sanja Wijaya, vice-président chargé de la stratégie de l’entreprise, a présenté ce projet le 3 novembre à Jakarta, lors d’une conférence sur les mines. « Parmi les producteurs d’engrais dans le monde, seul Pupuk Indonesia ne possède pas de mines de phosphate et de potasse », a-t-il expliqué. « C’est notre goulot d’étranglement, car nous restons très dépendants des importations. »

L’entreprise envisage deux formules : des accords d’État à État, ou des partenariats directs entre entreprises. Aucun accord n’a été annoncé à ce stade avec l’Algérie. Il s’agit, pour l’instant, d’une piste à l’étude.

Pourquoi l’Indonésie a besoin de phosphate

L’Indonésie ne dispose pas de ressources suffisantes en phosphate et en potasse pour son industrie des engrais. Pupuk Indonesia achète aujourd’hui son phosphate en Jordanie, au Maroc, en Égypte et en Australie. Sa potasse vient surtout du Canada, du Bélarus et de Russie.

Ses besoins vont encore augmenter. Le groupe veut porter sa capacité de production d’engrais NPK, qui associent azote, phosphore et potassium, de 4,6 à 5,9 millions de tonnes par an d’ici 2030. Ses importations de phosphate passeraient ainsi de 1,8 à 2,3 millions de tonnes par an.

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Phosphate algérien : la liste des pays intéressés s’allonge

L’Indonésie n’est pas le premier pays asiatique à s’intéresser au phosphate algérien. La Chine, l’Inde et Oman avaient déjà manifesté leur intérêt, comme l’expliquait notre article sur la course au phosphate algérien. Fin octobre, le Bangladesh, très dépendant des importations d’engrais, s’est à son tour tourné vers l’Algérie.

L’Italie s’est aussi engagée dans le projet, à travers un partenariat renforcé autour du phosphate intégré. Le groupe italien Saipem réalise ainsi les installations de transformation et de production d’engrais. La société chinoise CHEC construit, elle, les installations portuaires à Annaba.

Projet de phosphate intégré : ce que l’Algérie prépare à Tébessa

L’Algérie mise sur le gisement de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, dont les réserves exploitables atteignent environ 840 millions de tonnes. Le projet prévoit à terme l’extraction de 10,5 millions de tonnes de phosphate brut par an. Une fois enrichi, ce phosphate doit fournir 5,5 millions de tonnes par an destinées à la commercialisation.

Le phosphate sera transformé en engrais dans un complexe à Oued Kebrit, dans la wilaya de Souk Ahras. Sa première phase doit produire environ 2,4 millions de tonnes d’engrais phosphatés et 570 000 tonnes d’engrais azotés par an. Les premières pierres de ces deux complexes ont été posées le 24 septembre, comme le détaillait notre article sur le coup d’envoi du complexe de Souk Ahras.

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Ligne minière et port d’Annaba : les infrastructures de l’export

Pour exporter ce phosphate, l’Algérie construit une ligne ferroviaire minière de 422 km. Elle reliera Bled El Hadba au port d’Annaba, en passant par Tébessa et Souk Ahras. Le port d’Annaba accueillera un quai minéralier dédié au phosphate et aux engrais.

Ces infrastructures doivent permettre à l’Algérie de devenir un exportateur important d’engrais phosphatés. Le projet doit aussi couvrir les besoins nationaux en engrais et créer des milliers d’emplois dans l’est du pays. L’intérêt de pays comme l’Indonésie pourrait offrir de nouveaux débouchés à cette production.

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AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

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