Protection sociale : l’Algérie décroche la 2eme place en Afrique (IIIAG 2026)

Avec un score de 83,8 points sur 100, l’Algérie se classe deuxième à l’échelle africaine dans la catégorie « Protection sociale et bien-être », selon l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine 2026. Le pays arrive derrière les Seychelles et devance Maurice, la Tunisie et le Maroc. Une performance qui distingue l’Algérie dans cette composante du développement humain, évaluée sur la base de six indicateurs.
L’Algérie figure parmi les pays les mieux classés du continent africain en matière de protection sociale et de bien-être. Le rapport 2026 de l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG), publié par la Fondation Mo Ibrahim, lui attribue un score de 83,8 points sur 100, ce qui lui permet d’occuper la deuxième position parmi les 54 pays évalués.
Dans ce classement portant sur l’année 2025, l’Algérie arrive juste derrière les Seychelles, qui obtiennent 84,8 points. Maurice complète le podium avec 82,7 points. La performance algérienne la place ainsi parmi les trois pays les mieux positionnés sur le continent dans cette catégorie.
Ce résultat est d’autant plus notable que l’Algérie devance plusieurs pays de la région. La Tunisie occupe la quatrième place africaine, tandis que le Maroc se positionne au cinquième rang. La Mauritanie figure à la 23e place et la Libye à la 32e.
L’Algérie en tête du classement maghrébin
Le classement établi par la Fondation Mo Ibrahim confirme la position de l’Algérie en tête du Maghreb dans le domaine de la protection sociale et du bien-être.
Avec sa deuxième place continentale, le pays devance la Tunisie et le Maroc, qui figurent également dans le top 5 africain. Cette présence de trois pays maghrébins parmi les cinq premiers témoigne de leur positionnement dans cette composante de l’évaluation de la gouvernance.
Il faut toutefois distinguer ce résultat du classement général de l’Indice Ibrahim. La deuxième place attribuée à l’Algérie concerne exclusivement la sous-catégorie « Social Protection & Welfare », rattachée à la dimension « Développement humain ». Elle ne signifie donc pas que le pays occupe le deuxième rang africain pour l’ensemble des critères de gouvernance.

IIIAG : Six indicateurs pour mesurer la protection sociale
Pour établir ce classement, la Fondation Mo Ibrahim s’appuie sur six indicateurs qui couvrent plusieurs dimensions des conditions de vie des populations.
L’évaluation prend en compte la sécurité sociale, les politiques de réduction de la pauvreté, l’atténuation des inégalités socioéconomiques et l’accès à un logement décent. Elle intègre également la sécurité alimentaire ainsi que la perception des citoyens concernant la protection sociale et la pauvreté vécue.
Ces différents critères permettent d’apprécier la performance des pays au-delà des seuls dispositifs institutionnels. Ils prennent également en considération les conditions matérielles des populations et leur perception de l’action menée dans le domaine social.
Le rapport précise que les scores sont exprimés sur 100 points, 100 correspondant à la meilleure performance possible. Les classements reposent sur les résultats obtenus par les 54 pays africains pour l’année de référence 2025.

Une progression modeste à l’échelle africaine
Au-delà des résultats enregistrés par les pays les mieux classés, le rapport relève une amélioration modérée de la protection sociale et du bien-être à l’échelle du continent.
Le score moyen africain atteint 52,2 points en 2025. Il progresse de 1,9 point par rapport à 2016 et de 1 point sur la période 2021-2025. La Fondation Mo Ibrahim relève que cette amélioration s’est accélérée depuis 2022.
Sur les 54 pays étudiés, 38 ont enregistré une progression de leurs performances entre 2016 et 2025, contre 16 qui ont connu une détérioration. Toutefois, cette évolution positive ne concerne que 56 % de la population africaine, notamment en raison du recul observé dans les deux pays les plus peuplés du continent, le Nigeria et l’Éthiopie.
Le rapport souligne également des écarts importants entre les pays. La Somalie enregistre la plus forte progression sur la décennie, avec un gain de 17,2 points. Elle est suivie par Djibouti (+11,8 points) et le Mozambique (+9,6 points).
À l’inverse, le Soudan connaît la plus forte détérioration, avec une baisse de 13,6 points, devant le Nigeria (-11,7 points) et le Burkina Faso (-8,9 points).

Le logement décent, principal facteur de progression
L’analyse des six indicateurs révèle des évolutions contrastées dans les politiques sociales africaines entre 2016 et 2025.
Le logement décent enregistre la progression la plus importante, avec un gain de 5,6 points sur la décennie. La sécurité sociale arrive en deuxième position, avec une amélioration de 4,4 points. L’atténuation des inégalités socioéconomiques progresse de 3 points, tandis que les politiques de réduction de la pauvreté gagnent 1,3 point.
En revanche, deux indicateurs enregistrent un recul. La sécurité alimentaire perd 1,1 point sur la période. La baisse est encore plus marquée pour la perception de la protection sociale et de la pauvreté vécue par les citoyens, qui recule de 5,7 points.
La Fondation Mo Ibrahim considère cette dernière évolution comme un signal préoccupant, même si elle relève un redressement au cours de la seconde moitié de la décennie.
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La Côte d’Ivoire et le Togo progressent dans les six dimensions
Le rapport met également en évidence les résultats de deux pays africains qui se distinguent par une amélioration dans l’ensemble des dimensions étudiées.
La Côte d’Ivoire et le Togo sont les seuls pays à avoir enregistré une progression dans les six indicateurs de la catégorie « Protection sociale et bien-être » entre 2016 et 2025.
La Côte d’Ivoire affiche un gain global de 9,5 points, notamment grâce à l’atténuation des inégalités socioéconomiques (+19,5 points), à la sécurité sociale (+15,5 points) et aux politiques de réduction de la pauvreté (+12,9 points).
Le Togo enregistre, pour sa part, une progression de 8,5 points. Ses avancées les plus importantes concernent la perception de la protection sociale et de la pauvreté vécue (+11,2 points), ainsi que la sécurité alimentaire (+11 points).
Ces résultats illustrent les différences de trajectoire entre les pays africains. Si l’Algérie se distingue par son deuxième rang continental en 2025, le rapport montre également que les performances en matière de protection sociale dépendent de plusieurs dimensions, dont l’évolution peut varier considérablement d’un pays à l’autre.








