Projets émiratis en Algérie : Emiral prend son envol mais pas de traces de EIIC

Projets émiratis en Algérie : Emiral prend son envol mais pas de traces de EIIC

5a_301891522.jpgAnnoncé en grande pompe il y a quelques années de cela, le projet de la société algéro-émiratie de promotion immobilière (Emiral) et après un retard relativement long, semble avancer au grand bonheur de ses promoteurs.

En effet, une partie de la résidence d’Etat du Sahel abritant depuis les années

60 l’hôtel El Minzah construitpar l’architecte Ferdinand Pouillon a été dégagée pour recevoir ce projet.

D’ailleurs, cet hôtel a été rasé pour laisser la place à de nouvelles infrastructures touristiques ultramodernes. La petite forêt de Sidi-Fredj faisant face à l’hôtel El-Minzah (dont il ne reste que le nom) a d’ailleurs été clôturée depuis un certain temps.

Des affiches géantes sont présentes avec les maquettes représentant l’ensemble de ce projet grandiose qui porte le nom «village touristique Forum El Djazair Moretti 1», une appellation que l’on peut retrouver dans la maquette du projet mis sur le site Internet du ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme.

2 004 lits au village Forum El Djazair

En plus des affiches montrant les nombreuses parties de ce projet d’une capacité totale de 2 004 lits, les cordonnées du promoteur sont mentionnées. Ce projet renferme, entre autres, un hôtel, un centre commercial, une polyclinique, des bureaux et beaucoup d’espaces verts. Ce projet grandiose annoncé en 2007 a suscité, rappelons-le, l’intérêt de beaucoup de citoyens qui n’avaient pas hésité à faire le déplacement jusqu’à l’hôtel El Minzah pour y demander des informations.

Les personnes intéressées ont été orientées vers le siège de l’entreprise Emiral situé dans l’enceinte même de la résidence d’Etat le Sahel, un siège qui sera bientôt transféré dans l’une des communes sur les hauteurs d’Alger.Contactés pour avoir plus amples informations sur ce projet important, ses responsables ont préféré temporiser avant de nous donner plus de détails. On croit savoir de sources généralement bien informées que les promoteurs sont dans l’attente du permis de construire qui normalement devrait déjà être délivré si les choses fonctionnaient normalement.

En tout état de cause, et quels que soient les retards accusés, le projet semble prendre son envol et sera prêt normalement dans un délai de trois ans minimum. Sur le coût de la réalisation de l’ensemble du projet, certaines informations reprenant des sources proches du promoteur font savoir que le montant provisoire s’élève à plus de 40 milliards de dinars. Sur les prix des appartements haut standing, certaines indiscrétions laissent entendre que le coût du mètre carré serait fixé entre 400 000 et 440 000 DA le mètre carré.

Ainsi, ce grand projet touristique ayant connu moult difficultés est repris en main par ses initiateurs qui sont allés de l’avant pour le mener à bien et offrir à l’Algérie de nouvelles infrastructures touristiques modernes comme celles existantes de par le monde répondant aux standards

internationaux.

EIIC s’est-elle réellement retirée ?

Si, pour le projet Emiral, les choses vont bien, ceux d’EIIC (Emirat International Invest Company) semble encore en souffrance.

C’est à l’exemple du parc Dounia dont le projet a été, lui aussi, annoncé depuis des années et qui ne sera pas prêt pour demain.

Pour l’heure, on se contente de planter des arbres et des espèces de plantes provenant de différents horizons, la République chinoise, entre autres, dont les plantations ont eu lieu le 21 mars dernier, Journée mondiale de l’arbre.

Cet espace de détente promis aux familles algériennes devait être pris en charge dans sa réalisation par la compagnie émiratie EIIC

qui devait mettre en place un important projet renfermant,entre autres, plusieurs infrastructures, dont un hôpital, une école internationale, des hôtels, des aires de loisirs, des infrastructures haut standing, ainsi que des terrains de golf.

La maquette de ce parc, conçue par cet investisseur a d’ailleurs été distribuée au niveau de son stand lors des dernières Assises nationales du tourisme en 2008.

Depuis, c’est le black-out total. Plus aucune information officielle ne filtre autour de ce projet. Nos nombreuses démarches afin de contacter les différents responsables de ce projet, entre autres, le directeur du parc, sont restées vaines.

Ces mêmes responsables ont préféré garder le silence, promettant de nous fournir des détails au moment opportun.Un seul responsable parmi ceux que nous avons sollicités a daigné nous déclarer que «le projet est encore au stade de négociations aujourd’hui».

Car, selon cette source, «la problématique de ce parc demeure entière». Pour étayer davantage ses propos, il nous confie que ce blocage est entraîné par les changements introduits dans les lois sur l’octroi du foncier. Notre source rappelle qu’«auparavant, les terrains ont été donnés en cession et qu’actuellement ils sont donnés en concession, ce qui a ralenti les investisseurs et parmi eux ceux d’EIIC». D’autres informations rapportées çà et là, par contre, disent que ce dernier «s’est complètement retiré du projet, voir, du marché algérien».

Pourtant, au début de l’année 2009, Dr Camille Nassar représentant de ce groupe en Algérie s’est exprimé en conférence de presse pour souligner qu’«il n’y a pas de revirement de situation, que les projets se poursuivront et que les relations avec les autorités algériennes sont excellentes».

Il avait même indiqué que les problèmes d’expropriation concernant l’assiette de terrain sont réglés à 80%… Une année après, rien n’est à entrevoir au niveau de ce parc si ce n’est la disparition des bureaux d’EIIC installés auparavant pour démarrer les travaux !!?Ce parc écologique de près de 800 hectares est présenté comme étant le plus grand au monde et sera le poumon de la capitale pour un coût global de 5,5 milliards de dollars.

La réception de ce projet est prévue dans sa totalité en 2012. Pas moins de 20 000 personnes devraient être embauchées dans les travaux de ce parc.

Faut-il rappeler que le montant total des investissements du groupe émirati EIIC en Algérie s’élève à près de 20 milliards de dollars et concerne plusieurs secteurs d’activité comme l’industrie, l’immobilier, l’agriculture et les finances ?Ces projets verront-ils le jour ? Seul l’avenir nous le dira.

Par Badiaa Amarni