Programme investissements publics, Près de 800 milliards de DA de réévaluations pour 2015

Programme investissements publics, Près de 800 milliards de DA de réévaluations pour 2015

economie_851728_679x417.jpgLes réévaluations des programmes publics deviennent récurrentes. Elles se déclinent chaque année à l’occasion de la confection du budget de l’Etat. Dans le projet de loi de Finances pour 2015, la direction du budget a dégagé une enveloppe astronomique de l’ordre de près de 800 milliards de dinars (799,20 milliards de dinars précisément), enregistrant ainsi une hausse de 145,82% par rapport à 2014.

Ces réévaluations concernent les programmes des routes, le rail, les infrastructures administratives, l’hydraulique, la jeunesse et les sports, l’enseignement supérieur, l’éducation et la santé. Dans le projet du budget pour l’année prochaine, les rédacteurs ne donnent aucune explication quant aux raisons qui ont présidé à ces réévaluations. Cependant, l’on a toujours su qu’elles interviennent souvent dans le cadre des procédures d’appels d’offres mal faits et des études non ficelées.

En 2011 et alors qu’il présidait aux destinées du ministère des Finances, Karim Djoudi, remplacé aujourd’hui par M. Djellab, avait justifié les réévaluations en déclarant que 60% d’entre elles sont dues aux procédures d’appels d’offres, 30% aux redimensionnements des projets tandis que les 10% restants concernent les problèmes d’évaluation des projets. Durant la même année, le directeur général de la prévision et des politiques sous tutelle du ministère des Finances avait tiré la sonnette d’alarme en indiquant qu’il fallait veiller à ce que les projets inscrits à un certain montant ne soient pas alourdis avec des réévaluations additionnelles. Celles-ci pouvant provenir d’une maturation insuffisantes des projets.

En septembre 2010, à l’occasion de la tenue du conseil des ministres, le président de la République avait mis en garde contre les effets du gaspillage et du non-respect des clauses contenues dans les contrats de réalisation des projets relevant de l’investissement public. Il avait souligné que l’Etat aura mobilisé la moitié de l’ensemble des autorisations nécessaires à tout le programme public d’investissement du quinquennat 2010-2014. Il a ainsi appelé le gouvernement à veiller à la conduite du programme sans retard ni réévaluation.

Mais autant parler à un mur. Les réévaluations n’ont cessé de croître. Celles prévues pour l’année prochaine, de l’ordre de 799,20 milliards de dollars de plus que l’année dernière, renseignent sur la légèreté avec laquelle l’argent public est distribué mais aussi sur la non révision des méthodes de lancement des appels d’offres. Surtout lorsque l’on connaît les dérives qui sont induites, comme la corruption, l’octroi de marchés contraires à la règlementation.

C’est à se demander si la commission nationale des marchés mise en place est réellement performante et se penche véritablement sur la faisabilité des projets et la méthode avec laquelle les appels d’offres sont lancés après études et évaluation.

Faouzia Ababsa