Profanation du drapeau national et soupçons des liens avec « Daech » : un jeune lourdement condamné

Profanation du drapeau national et soupçons des liens avec « Daech » : un jeune lourdement condamné
Tribunal Dar El-Beïda

La Cour criminelle de première instance de Dar El-Beïda a condamné un jeune homme de 26 ans, originaire de la wilaya de Tébessa, à dix ans de prison ferme, assortis d’une amende de 500 000 dinars pour profanation du drapeau national et des faits connexes liés à l’extrémisme. L’accusé, identifié par les initiales « C. Diaeddine », a été reconnu coupable d’avoir arraché et incendié plusieurs drapeaux multicolores servant à la décoration, ainsi qu’un drapeau national de grande taille, installés sur le mur du Centre des industries traditionnelles de fabrication de tapis, situé à proximité de la Maison de la presse à Tébessa.

🟢 À LIRE AUSSI : Demandes de visa pour l’Espagne en Algérie : BLS International muscle la sécurité de ses services

Selon le média « Ennahar », les faits remontent à la soirée du 16 novembre 2024, lorsqu’un différend a éclaté entre l’accusé et l’un de ses amis au sujet de ces drapeaux. La dispute, qui a débuté vers 21 heures, s’est prolongée jusqu’à minuit et s’est soldée par l’incendie des drapeaux, provoquant un début de feu dans l’enceinte du centre.

Alertées par la responsable de l’établissement, les forces de l’ordre se sont rendues sur les lieux et ont constaté que les drapeaux avaient été brûlés et jetés à terre. Des témoins ont identifié l’accusé comme l’auteur principal des faits.

Des liens avec le groupe terroriste « Daech »

Au-delà de l’acte de profanation, l’enquête a révélé des éléments jugés particulièrement préoccupants. Après les faits, l’accusé a tenté de fuir vers la Libye, en transitant par la Tunisie, dans le but de rejoindre l’organisation terroriste Daech, estimant que les services de sécurité étaient à ses trousses, ajoute la même source.

Au cours de son déplacement, il a établi des contacts avec plusieurs combattants et cadres de cette organisation, sollicitant leur aide afin de faciliter son ralliement et cherchant des itinéraires moins surveillés pour y parvenir.

🟢 À LIRE AUSSI : Trafic de devises via cryptomonnaies : réseau international démantelé à Alger, 6 chefs d’accusation retenus

La fouille de son téléphone portable par les services de la Gendarmerie nationale a permis de mettre au jour de nombreux contenus à caractère extrémiste. Les enquêteurs ont découvert que l’accusé consultait régulièrement des canaux et sites liés à Daech sur l’application Telegram, et qu’il avait téléchargé des documents traitant notamment de la fabrication d’explosifs artisanaux, du minage, des techniques d’attentats et de la propagande jihadiste.

Aussi, il utilisait également des comptes sur TikTok, sous des pseudonymes à connotation extrémiste, pour communiquer avec des individus liés à cette organisation. Ensuite, l’accusé a fini par intégrer des groupes fermés sur Telegram.

Un second prévenu, âgé de 24 ans et voisin de l’accusé principal, poursuivi pour les mêmes chefs d’accusation, a toutefois été acquitté, la justice n’ayant pas retenu sa responsabilité pénale dans cette affaire.

À l’audience, l’accusé principal a nié toute intention terroriste, affirmant avoir consulté ces contenus par simple curiosité ou par dérision. Il a rejeté l’accusation de tentative d’adhésion à une organisation terroriste. Il a également soutenu que ses déplacements à l’étranger avaient un caractère purement commercial. Ces arguments n’ont pas convaincu la juridiction, qui s’est appuyée sur des preuves techniques et numériques solides pour prononcer une lourde condamnation.

🟢 À LIRE AUSSI : Batna sous le choc : arrestation éclair après l’attaque filmée d’une femme