Production et importations : l’État active un mécanisme d’urgence pour les opérateurs économiques

Production et importations : l’État active un mécanisme d’urgence pour les opérateurs économiques
Kamel Rezig – Ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations

Face aux tensions ponctuelles sur certains intrants et aux impératifs de continuité industrielle, le gouvernement ajuste le dispositif des importations.

Les opérateurs économiques pourront, dans des situations d’urgence, déposer des demandes supplémentaires via des tableaux prévisionnels additionnels.

Et ce, dans le but d’éviter toute rupture d’approvisionnement, tout en maintenant la priorité au produit local et en encadrant strictement les flux d’importation.

Importations : un mécanisme exceptionnel pour garantir la continuité de l’activité

Le principe reste inchangé. Les besoins des entreprises s’inscrivent dans des tableaux prévisionnels dits BPE, établis pour une durée de six mois. Ces documents couvrent les matières premières, les équipements et les pièces nécessaires à la production.

Toutefois, selon les explications du député à l’Assemblée populaire nationale et membre de la commission des finances et du budget, Taher Ben Ali, le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a informé les membres de la commission de la mise en place d’une procédure exceptionnelle. Cette annonce est intervenue lors de l’examen du projet de loi de règlement budgétaire 2023.

🟢 À LIRE AUSSI : Importation de véhicules en LCL : les douanes algériennes instaurent une nouvelle procédure

Concrètement, lorsque des besoins urgents n’ont pas été intégrés dans le tableau semestriel initial, les opérateurs pourront :

  • Introduire une demande d’autorisation supplémentaire
  • Ajouter des équipements, pièces ou matières premières via un tableau prévisionnel additionnel
  • Justifier l’urgence par la nécessité de maintenir l’activité ou d’assurer l’approvisionnement du marché

La plateforme numérique dédiée à la gestion des opérations demeure opérationnelle et continue d’encadrer ces démarches.

Priorité au produit local : les importations strictement encadrées

Le ministre a réaffirmé une règle centrale. Tout produit fabriqué localement ne peut être importé. Cette orientation s’inscrit dans une politique de protection du tissu productif national et de promotion de l’industrie locale.

En revanche, les biens non produits en Algérie restent éligibles à l’importation afin de couvrir les besoins du marché et d’éviter toute pénurie.

Pour les produits partiellement fabriqués sur le territoire national, l’approche repose sur un équilibre. Les autorisations d’importation visent uniquement à combler le déficit constaté, sans fragiliser les capacités locales.

Le cas des pièces de rechange automobiles illustre cette logique. Les autorisations se fondent sur une évaluation précise des besoins réels. Afin d’assurer la continuité des activités des opérateurs sans perturber l’écosystème industriel national.

Réorganisation du commerce extérieur et maîtrise de la facture des importations

En effet, ces mesures s’intègrent dans une stratégie plus large de réorganisation du commerce extérieur. Le ministère met en avant plusieurs axes :

  • Rationalisation de la facture des importations
  • Orientation des devises vers les priorités stratégiques
  • Maintien de l’équilibre du marché
  • Protection du pouvoir d’achat

Par ailleurs, le ministre a indiqué que la promotion des exportations hors hydrocarbures relève désormais d’un choix stratégique et structurel, aligné sur les orientations présidentielles, avec pour ambition de réduire la dépendance aux hydrocarbures et de valoriser les capacités nationales.

🟢 À LIRE AUSSI : L’Algérie se prépare pour le Ramadan 2026 : l’UGCAA rassure les citoyens

Pour l’année 2023, plus de 6 milliards de dinars ont été mobilisés, via la loi de finances, pour encadrer les échanges commerciaux et soutenir les exportations. Le taux de consommation des crédits du secteur a atteint 81,56 %, soit plus de 4,9 milliards de dinars. Ainsi, selon Rezig, ce niveau reflète une gestion rationnelle des ressources. Fondée sur des dossiers conformes et le respect des règles de comptabilité publique, sans recours à des dépenses de fin d’exercice purement formelles.