Production d'énergie éolienne en Algérie,Une aventure qui risque de nous coûter cher ?

jeudi 10 février 2011 à 8:30
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1169-2-1.jpgLe patron du groupe Sonelgaz se montre très optimiste quant au développement des énergies renouvelables. Lors de son passage, mardi matin, sur les ondes de Chaîne II de la Radio nationale, M. Noureddine Bouterfa n’a pas exclu d’exporter 10 000 mégawatts, si évidemment des partenaires se manifestent.

Noureddine Bouterfa a souligné que « 2000 mégawatts seront produits à partir de l’énergie éolienne, 2800 mégawatts à partir du solaire photovoltaïque et 7200 mégawatts à partir du solaire thermique ». Néanmoins, ces affirmations semblent laisser les experts plus que sceptiques. Ces derniers considèrent que le groupe énergétique et industriel algérien risque de s’embarquer dans une aventure qui risque de coûter cher au pays, si au préalable du lancement du programme de développement des énergies renouvelables toutes les études et analyses ne sont pas menées avec la célérité qui convient en pareil cas.

Dans ce sens, le docteur Hocine Bensaâd, expert et consultant en Wind Energy, a mis en avant les incohérences qui marquent le programme de développement de l’énergie éolienne en Algérie, exprimant même son « effarement » quant aux déclarations, du P-DG de Sonelgaz qui affirme que les capacités d’exportation d’électricité pourraient être d’origine éolienne grâce à une puissance installée de l’ordre de 2000MW. L’expert remet, d’ailleurs, en cause les capacités de notre pays à installer une telle capacité de production et cela pour plusieurs raisons. Il expliquera, en premier lieu, que pour atteindre une telle capacité, « ce seront des milliers d’aérogénérateurs qui doivent être installés ! Mais où ? ».

Il s’interroge aussi, sur la quantité d’énergie annuelle (kWh/an) qui va être produite et délivrée.  » A la différence d’une centrale électrique classique, dont on connaît le combustible à utiliser (gaz, charbon, fuel) et dont la puissance peut être régulée en fonction de la demande, une centrale éolienne dépend du vent qui est une source d’énergie aléatoire, caractérisé par l’inconstance de la puissance fournie et donc nécessite le recours à une source de puissance complémentaire (groupe diesel). C’est une énergie qui ne peut être stockée « , a-t-il précisé.

Il y a aussi une problématique de taille. Où trouver tout ce vent ? Selon M. Bensaâd, le seul pays maghrébin bien venté est le Maroc sur sa façade atlantique. Raison pour laquelle les investisseurs européens y sont présents. L’expert rappellera aussi, « l’expérience désastreuse et l’échec du projet du parc éolien de Tindouf où des millions de dollars ont été engloutis par NEAL ». Et d’ajouter que « la même opération veut être répétée à Adrar sur la base d’approches purement théoriques proposées par l’Université de Tlemcen alors qu’il n’y a eu ni campagnes de mesures réelles des différents paramètres météorologiques à différentes altitudes, ni études des vents de sable et leurs impacts, ni étude de rugosité du terrain et ses variations ni les problèmes d’accès.

Plus grave encore! Aucune éolienne, ni aucun aérogénérateur n’a été testé dans le lieu supposé d’implantation durant au moins une année, en espérant qu’elle soit exceptionnelle ».

M. Bensaâd considère d’ailleurs que « c’est de la pure aventure à vouloir ériger un parc éolien dans le désert sans une étude préalable, une étude fine en liaison avec le centre nucléaire à Berrine, le Centre de recherche scientifique et technique sur les régions arides à Biskra et la météorologie nationale ».

Pour rappel, le projet portant sur la réalisation d’une ferme éolienne à Adrar a été attribué au consortium algéro-français, Cegelec. Néanmoins, Cegelec, qui ne fabrique pas d’aérogénérateurs et se limite à jouer le rôle d’intermédiaire auprès de différents fabricants tels que le japonais Mitsubishi, l’américain General Electric ou l’allemand Enercon, est une filiale du pôle énergies de Vinci. Elle est chargée par le client de la conception du projet, l’installation des équipements et des infrastructures ainsi que leur maintenance.

Samira G.

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