La réconciliation est-elle possible au Mali ? Une autre chance pour la solution politique vient d’être accordée par l’envoyé spécial de l’ONU pour le Mali.
Même si aucune action concrète, en dehors de réunions et de déclarations d’intention, ne laisse présager l’ouverture imminente de la solution politique, l’option militaire semble renvoyée aux calendes grecques après les déclarations de Romano Prodi, l’envoyé spécial de l’ONU pour le Mali, qui a affirmé qu’une intervention militaire dans le Nord-Mali n’était pas envisageable avant septembre 2013.
Par ailleurs, les préparatifs du déploiement de forces militaires, préconisé par la Cédéao, appuyée par l’Union africaine et son homologue européenne et, incessamment, par le Conseil de sécurité de l’Onu, n’ont pas du tout commencé.
Cette option privilégiée par le président français est loin de voir le jour comme le dialogue. Si pour l’opération militaire, la Cédéao a tout de même adopté son mode opératoire à son sommet à Abuja, même s’il reste à peaufiner son commandement et son financement, le dialogue lui n’a aucun agenda. Le “dialogue” a même trop duré pour les partisans de la guerre et non seulementpour la France dont le ministre des Affaires étrangères n’arrête pas de raconter que les habitants du Nord-Mali sont suppliciés par des jihadistes qui flagellent les uns et amputent les membres aux autres. Au contraire, les voix du dialogue et de la réconciliation s’opposent à l’équipée militaire, prétextant qu’une telle option mettrait toute la sous-région dans une insécurité totale. L’Algérie, sur qui comptaient bien des pro-interventionnistes pour la réussite des opérations, souhaite que soit d’abord privilégiée la négociation, au risque de provoquer une déflagration générale dans le Sahel et son voisinage.
Une option que la Cédéao a fini par endosser puisque son plan final comporte deux directions complémentaires : préparer la guerre en ouvrant la voie au dialogue. À signaler que le département d’État américain a réitéré mardi l’importance du dialogue entre le gouvernement malien et les groupes touareg pour résoudre la crise au Mali en proie à des problèmes politiques, sécuritaires et humanitaires. Les États-Unis “cherchent l’engagement d’un effort de sensibilisation politique de la part du gouvernement (malien) pour, à la fois, traiter les revendications des Touareg et dissocier ces derniers des éléments extrémistes”, a déclaré la porte-parole du département d’État, Mme Victoria Nuland, lors de son briefing quotidien : “C’est quelque chose sur laquelle nous travaillons beaucoup”, a-t-elle ajouté. Lors de la visite effectuée par la secrétaire d’État américaine, Mme Hillary Clinton, à la fin du mois d’octobre dernier à Alger, la porte-parole a souligné que la chef de la diplomatie américaine “s’était rendue en Algérie afin de travailler avec les Algériens sur la façon dont nous pouvons atténuer les retombées potentielles” de la crise malienne et pour d’autres questions aussi essentielles dans ce dossier. Ceci étant, peut-on faire confiance à Ansar Dine se demandent avec insistance les observateurs. Certes, c’est la tendance islamiste des Touareg, mais dans quelle proportion et surtout ce groupe s’est-il réellement défait de ses accointances avec Aqmi qui l’a aidé et boosté pour chasser le Mnla. À noter qu’un Français d’origine portugaise âgé de 61 ans, qui venait de Mauritanie a été enlevé mardi soir dans la région de Kayes (ouest du Mali), a appris l’AFP de source sécuritaire malienne. Jules Berto Rodriguez Léal, enlevé par plusieurs hommes armés mardi soir vers 22h à Diéma, est né le 18 juillet 1951 au Portugal, mais est de nationalité française, toujours selon la source sécuritaire malienne.
La France a confirmé l’enlèvement du ressortissant français dans l’ouest du Mali, à Nioro à la frontière mauritanienne, assurant vouloir “tout faire” pour le retrouver. Aqmi y retient en otage neuf Européens, dont six Français, enlevés en septembre 2010 et novembre 2011. Le Mujao retient au moins trois otages algériens enlevés en avril à Gao. Le 5 avril, le Mujao, groupe islamiste armé également impliqué dans le trafic de drogue, a enlevé le consul d’Algérie et six membres de sa mission à Gao. En juillet, l’Algérie a confirmé la libération de trois des sept otages annoncée par le Mujao qui a ensuite annoncé avoir exécuté le vice-consul le 1er septembre, mais Alger n’a jamais confirmé sa mort.
D. B
