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Procès FAF : Zetchi, Charaf-Eddine et Amara face à la justice

Procès FAF : Zetchi, Charaf-Eddine et Amara face à la justice
Les trois ex-présidents de la FAF : Zetchi, Charaf-Eddine et Zefizef
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Après six renvois successifs, le procès FAF s’est ouvert sur le fond devant la deuxième section du pôle pénal économique et financier près le tribunal de Sidi M’hamed. 19 personnes comparaissent dans ce dossier tentaculaire, au premier rang desquelles les trois anciens patrons de l’instance fédérale : Charaf-Eddine Amara, Kheireddine Zetchi, toujours détenu, et Djahid Zefizef.

Selon le média Echourouk, La juridiction a mis les prévenus face à une série de manquements présumés ayant affecté les marchés conclus par la fédération. Deux conventions concentrent l’attention : celle liant l’instance à l’équipementier Adidas et celle passée avec une agence de voyages. Pour le tribunal, ces accords présentent un caractère douteux et contreviennent aux textes législatifs et réglementaires, dans le but de consentir des avantages injustifiés à des tiers.

Le procès FAF réunit 19 prévenus à la barre

Aux côtés des trois ex-présidents figurent plusieurs anciens cadres de l’ancien bureau fédéral, dont une partie demeure sous mandat de dépôt. Y sont notamment poursuivis les deux ex-secrétaires généraux, identifiés comme « Mohamed S. » et « Mounir D. », ainsi que l’ancien directeur de l’administration générale, « Abdelghani N. ».

Le dossier avait pris forme au printemps, lorsque le magistrat instructeur de la troisième chambre avait bouclé l’audition des mis en cause. Dès cette étape, l’enquête visant les anciens dirigeants de la Fédération algérienne de football s’appuyait sur des expertises complémentaires qui alimentent aujourd’hui les débats.

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La défense conteste l’expertise et la place des parties civiles

Après l’appel des prévenus et des parties civiles, la présidente a laissé la parole aux conseils pour leurs exceptions de forme. Un argument est revenu en boucle : les faits reprochés ne relèveraient ni de la criminalité économique ni de la délinquance financière.

Me Kamal Allak, qui défend Djahid Zefizef, a demandé que le rapport de l’Inspection générale des finances soit écarté des débats. Son raisonnement tient au fait que l’ordonnance de renvoi ne mentionne pas les auteurs de l’expertise comme experts agréés auprès des cours de justice. Aucun nom, aucune qualité n’y figure, a-t-il relevé, y voyant une violation des règles de procédure. L’avocat s’est également interrogé sur le fondement juridique ayant permis aux experts d’entendre le conseil de la fédération.

Me Nacira Ouaâli a de son côté contesté la constitution du ministère des Sports et du Trésor public en parties civiles. Elle a estimé qu’une association sportive n’a rien à voir avec le ministère et que la fédération ne détient pas un centime appartenant à l’État. Après les observations du parquet, la magistrate a joint ces exceptions au fond. Un passage obligé que les audiences précédentes n’avaient jamais atteint, puisque le report du procès FAF survenu fin septembre tenait à l’absence d’un avocat.

Les survêtements et les nuitées d’hôtel passés au crible

Première interrogée, la responsable des ressources humaines de l’instance, « T. L. », a nié l’ensemble des charges et maintenu ses déclarations faites devant le juge d’instruction. Questionnée sur le magasin de vêtements et sur les tenues sportives qu’elle aurait prélevées, elle a affirmé n’avoir aucun lien avec ce stock, son rôle se limitant à la gestion des contrats de travail.

Sur la valeur des articles concernés, la prévenue a évoqué 10 millions de centimes. Elle assure les avoir répartis entre les employés en pleine pandémie de Covid-19, à titre d’encouragement, une collègue ayant consigné les bons de sortie. Toutes ses démarches, soutient-elle, ont suivi la voie hiérarchique et sont restées transparentes.

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Les membres du bureau fédéral rejettent toute responsabilité

Les anciens membres de l’exécutif fédéral ont adopté une ligne commune : les conventions litigieuses auraient été signées dans le strict respect des textes. Ammar Bahloul, membre du bureau, a réclamé la convocation de l’intégralité de ses anciens collègues. Son nom figurait déjà parmi les six membres non notifiés qui avaient fait capoter une audience en juin.

Sur le volet Adidas, il affirme que le montant annoncé au bureau est passé de 900 000 euros à 1,6 million, soit un triplement qu’il présente comme bénéfique à la fédération. Selon lui, ce dossier relevait de la direction financière, les membres du bureau se contentant d’entériner ce que présentait le président de commission lors des réunions mensuelles.

Le prévenu a aussi contesté le périmètre des poursuites concernant l’hébergement. L’expertise judiciaire recense deux cents membres logés dans le même établissement, alors que cinq seulement se retrouvent devant le juge. Il rappelle que les ordres de mission émanent du secrétariat général, qui fixe la durée du déplacement, l’administration se chargeant ensuite de la réservation. Quant à l’agence Concorde Voyage, Bahloul renvoie la responsabilité vers les directions générale et financière, seules habilitées à contracter. Cette première journée sur le fond tranche avec les ajournements répétés qui avaient maintenu les trois ex-présidents en détention depuis le printemps.

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ZB

Zakaria Benhammadi

Zakaria Benhammadi - Journaliste senior – Sport, politique et justice

Zakaria Benhammadi est journaliste senior au sein d'Algerie360. Spécialisé dans l'actualité sportive, il couvre l'équipe nationale algérienne, la Ligue 1 et les joueurs algériens évoluant à l'étranger. Il traite également les grands dossiers politiques et judiciaires

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