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600 milliards de centimes envolés : le procès Berraki ajourné

600 milliards de centimes envolés : le procès Berraki ajourné
Tribunal Sidi M'Hamed
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Le pôle pénal économique et financier, près le tribunal de Sidi M’hamed, a décidé de renvoyer au 20 octobre prochain l’examen du dossier impliquant Arezki Berraki, ancien ministre de l’Hydraulique, a-t-on appris du média Echourouk. À ses côtés comparaissent l’ex-directeur général de l’Agence nationale des barrages et des transferts et son successeur ainsi que plusieurs autres mis en cause. Tous répondent d’accusations de corruption dans le chantier de renforcement du barrage de Medjez B’gar, à Guelma, un dossier qui aurait coûté au Trésor public l’équivalent de 600 milliards de centimes.

Le procès d’Arezki Berraki reporté à la demande de la défense

Deux motifs expliquent ce renvoi. Les avocats ont sollicité un délai supplémentaire, et plusieurs parties convoquées manquaient à l’appel. Le magistrat a donc préféré arrêter une nouvelle date plutôt que d’ouvrir les débats dans ces conditions.

L’audience avait pourtant démarré selon le rituel habituel. Les prévenus incarcérés ont été introduits dans la salle, l’ancien ministre en tête du cortège, suivis de ceux qui comparaissent libres. Le juge de la deuxième chambre, siégeant par intérim au sein du pôle spécialisé, a ensuite procédé à l’appel des accusés, des témoins et des parties civiles constituées avant d’annoncer l’ajournement.

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Un marché attribué dans des conditions suspectes à Guelma

Les investigations du service régional de la police judiciaire d’Alger constituent la colonne vertébrale du dossier. Les enquêteurs se sont penchés sur les conditions d’attribution du marché à une entreprise privée. L’ouvrage, situé sur le territoire de la commune d’Aïn Makhlouf, devait servir à l’irrigation agricole.

Au départ, le contrat affichait une valeur d’environ 130 milliards de centimes. Les policiers estiment que son attribution s’est faite dans des conditions pour le moins douteuses, en contournant les règles censées encadrer la commande publique.

Le secteur de l’eau n’en est pas à son premier dérapage devant cette juridiction. En juillet 2026, des peines allant jusqu’à sept ans de prison ont sanctionné un marché de canalisations à Béchar, affaire dans laquelle figuraient un ancien directeur des ressources en eau, des cadres de l’ADE et des entrepreneurs.

Trois avenants ont fait exploser la facture du barrage

C’est après la signature que l’enveloppe s’est emballée. Le coût du projet a été multiplié par quatre environ, dépassant finalement les 580 milliards de centimes. Le mécanisme à l’origine de cette flambée tient en un mot : les avenants.

Trois documents additionnels ont été conclus, pour des montants excédant la valeur du contrat initial. Selon les enquêteurs, ils n’avaient fait l’objet d’aucun accord entre l’ANBT et la société bénéficiaire. Pire, la nature même du chantier s’en est trouvée modifiée : on est passé d’un simple renforcement de l’ouvrage à une surélévation.

Les chiffres donnent la mesure du dérapage. Le deuxième avenant a pesé plus de 230 milliards de centimes, le troisième a dépassé les 75 milliards. S’y ajoutent d’autres irrégularités relevées par les enquêteurs, portant l’ardoise finale à plus de 580 milliards de centimes.

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ZB

Zakaria Benhammadi

Zakaria Benhammadi - Journaliste senior – Sport, politique et justice

Zakaria Benhammadi est journaliste senior au sein d'Algerie360. Spécialisé dans l'actualité sportive, il couvre l'équipe nationale algérienne, la Ligue 1 et les joueurs algériens évoluant à l'étranger. Il traite également les grands dossiers politiques et judiciaires

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