Prix non affichés, manque d’hygiène… Signalez le magasin en un clic sur Morafikcom

Prix non affichés, manque d’hygiène… Signalez le magasin en un clic sur Morafikcom
Morafikcom

Le ministère du Commerce intérieur et de la régulation du marché national vient de franchir un cap supplémentaire dans sa stratégie de numérisation. L’application Morafikcom s’enrichit de deux nouvelles fonctionnalités qui permettent aux citoyens de signaler, en temps réel, les manquements constatés dans les commerces. En effet, une mise à jour transforme chaque consommateur en acteur de la surveillance du marché.

Que permet la nouvelle version de Morafikcom ?

Concrètement, les deux nouveautés annoncées ce jour par le ministère sont les suivantes :

  • Signalement direct et immédiat des cas d’absence d’affichage des prix dans les commerces
  • Signalement des problèmes d’hygiène et de sécurité des produits exposés à la vente

Ces deux mécanismes visent à renforcer le contrôle de terrain et à améliorer la qualité des produits accessibles aux consommateurs. Plus besoin d’attendre le passage d’un inspecteur : un simple signalement via l’application suffit à alerter les services compétents.

Comment signaler une infraction via Morafikcom ?

L’application est disponible gratuitement sur Google Play Store et Apple App Store. Une fois téléchargée, la démarche est simple :

  1. Ouvrir l’application Marafikcom
  2. Sélectionner le type de signalement (prix non affiché ou problème d’hygiène)
  3. Documenter l’infraction (photo ou vidéo)
  4. Soumettre le signalement aux services de contrôle

Le ministère appelle l’ensemble des citoyens à adopter une culture du signalement responsable, dans l’intérêt général et pour la protection de la santé du consommateur.

Une stratégie qui mise sur la mobilisation citoyenne

Le ministère est clair sur ses intentions : ces mises à jour s’inscrivent dans une stratégie globale visant à faire du citoyen « un acteur essentiel du dispositif de contrôle ». D’ailleurs, l’idée n’est pas nouvelle. Mais elle prend ici une forme plus concrète.

Plutôt que de multiplier les agents sur le terrain — une ressource forcément limitée —, les autorités misent sur les millions d’yeux que représentent les consommateurs eux-mêmes.

C’est un peu le principe du voisinage vigilant, appliqué au marché national. De plus, la logique est imparable : personne n’est mieux placé qu’un client pour constater, sur le moment, qu’aucun prix n’est affiché sur un étal.

Le ministère a également réaffirmé son engagement à poursuivre le développement de solutions numériques modernes, en phase avec les attentes des citoyens et les besoins de régulation du marché national.

Marafikcom, une application qui monte en puissance

Lancée initialement pour informer les citoyens sur les commerces ouverts durant les jours fériés, l’application Marafikcom a rapidement évolué vers un outil de contrôle participatif. Par ailleurs, selon Mohamed Mezghache, directeur général du Contrôle économique et de la Répression des fraudes, la plateforme couvre les signalements relatifs aux prix, à la conformité des produits, aux services proposés et au respect des normes en vigueur.

La géolocalisation intégrée constitue un atout majeur : elle permet d’identifier précisément le commerce concerné. Cela facilite ainsi une intervention rapide et ciblée des équipes de contrôle. D’ailleurs, Mezghache avait souligné une « forte adhésion » des commerçants à la politique de prix de référence, avec un taux de réponse dépassant les 80 %.

L’affichage des prix, une obligation légale trop souvent ignorée

Derrière cette nouvelle fonctionnalité se cache un problème persistant. Pourtant, l’affichage des prix est une obligation légale inscrite dans la Loi n° 04-02 du 23 juin 2004 relative aux pratiques commerciales. Elle s’applique à tous les commerçants. Cela concerne aussi bien ceux qui exercent en boutique, sur les marchés ou en ligne.

Les contrevenants s’exposent à des amendes financières substantielles. En cas de récidive, on observe un durcissement des sanctions. La campagne nationale « À chaque produit, son prix » avait déjà posé les bases de cette exigence de transparence. À présent, Marafikcom en devient le bras armé numérique, directement entre les mains des consommateurs.

Le ministère a par ailleurs intensifié ses contrôles commerciaux nocturnes et de week-end pour compléter ce dispositif, ciblant notamment les pâtisseries, restaurants et supérettes. Les deux approches — terrain et numérique — se renforcent mutuellement pour bâtir un marché plus transparent.