L’essence sans plomb est passée à 47 DA/litre, le gasoil à 31 DA/litre et le GPL-c à 12 DA/litre, contre respectivement 45,62 DA, 29,01 DA et 9,2 DA auparavant. Du jour au lendemain, les stations-service ont appliqué ces nouveaux tarifs, surprenant les automobilistes ce 1ᵉʳ janvier 2026.
Cependant, cette augmentation n’est ni une taxe supplémentaire, ni une décision de la loi de finances 2026. Elle résulte d’un réajustement technique légal, décidé par l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH). Mais comment ce mécanisme fonctionne-t-il exactement et pourquoi les consommateurs ont-ils été pris par surprise ?
Un mécanisme autonome et légal : pourquoi cette hausse échappe à la loi de finances et aux taxes ?
L’ARH dispose d’une compétence indépendante pour fixer les prix de vente au détail des carburants et du GPL, en s’appuyant sur deux décrets exécutifs :
- Le décret n°21-63 (11 février 2021), qui définit la méthodologie de calcul des prix, intégrant coûts de production et marges des distributeurs.
- Le décret n°21-256 (13 juin 2021), qui encadre l’équilibre tarifaire et l’utilisation des infrastructures de stockage.
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Ainsi, ces textes permettent à l’ARH de réviser les prix sans passer par la loi de finances, afin d’assurer la stabilité de l’approvisionnement et des marges pour les stations-service. Le calcul prend en compte plusieurs paramètres :
- Le coût réel de production et de transformation du carburant et du GPL.
- Les marges des distributeurs et revendeurs, indispensables pour maintenir la continuité du service.
- Les taxes déjà existantes, qui ne sont pas modifiées.
En clair, la hausse est technique et réglementaire, et non liée à de nouvelles charges fiscales.
Prix du carburant en Algérie : la surprise des citoyens et l’impact pour les professionnels du secteur
Le mode de communication de l’ARH explique la surprise. La note officielle a été adressée uniquement aux distributeurs et stations-service, sans information directe au public.
Résultat, de nombreux automobilistes ont découvert les nouveaux tarifs directement à la pompe ou sur les réseaux sociaux, alimentant un sentiment de confusion.
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Selon le député Ahmed Beljilali, ces ajustements ne constituent ni impôt ni taxe. Ils s’inscrivent dans un cadre légal prévu depuis 2021. Même si l’organe chargé de la révision des produits subventionnés n’est pas encore opérationnel.
Enfin, si l’augmentation a surpris les usagers, elle représente également, selon les experts du domaine, un équilibre nécessaire pour les professionnels du secteur. Le syndicat national des travailleurs des stations-service et du carburant (UNPRAST) considère ce réajustement comme une amélioration des marges. Permettant aux stations de fonctionner de manière plus stable après plusieurs années de contraintes économiques.
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