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Prix des carburants en 2027 : Arkab écarte une hausse, mais le flou persiste

Prix des carburants en 2027 : Arkab écarte une hausse, mais le flou persiste
Mohamed Arkab
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Le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, a confirmé hier, lors de la présentation du budget de son secteur devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), qu’aucune augmentation des prix des carburants n’est à l’ordre du jour.

Répondant aux préocupations des députés concernant l’article 218 du projet de loi de finances pour 2027 — qui évoque la possibilité de réviser les prix des carburants en cas de besoin par les autorités compétentes —, le ministre a précisé que cette disposition, figurant au chapitre des « Dispositions diverses » (page 233), ne signifie pas une hausse effective des tarifs.

Il a toutefois relevé que les prix des produits énergétiques en Algérie demeurent très bas par rapport au marché international, tout en rappelant que le Parlement reste souverain quant au traitement de la mesure proposée.

Cet article a suscité un vif débat entre le représentant du gouvernement et les membres de la commission, portant sur sa formulation et son champ d’application. Selon des sources au sein de la commission, plusieurs députés ont exprimé leurs inquiétudes face au flou de certaines dispositions, déplorant l’absence de taux ou de critères précis de révision.

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Le débat a également abordé la question de l’emploi dans le secteur pétrolier et la situation des stations-service situées dans les zones isolées.

Concernant le recrutement, le ministre a indiqué que des mécanismes de contrôle rigoureux ont été appliqués lors du dernier concours portant sur 9 000 postes, en coordination avec les services compétents de l’État.

Il a par ailleurs révélé la volonté du gouvernement de revoir la marge bénéficiaire des gérants de stations-service afin de garantir la pérennité de leur activité, en particulier dans les régions éloignées.

Des indicateurs financiers au vert et une dynamique d’investissements

Le ministre Arkab a révélé que les recettes se sont élevées à 37,5 milliards de dollars sur la période allant de janvier à fin septembre 2026.

Cette performance est principalement tirée par une hausse de 37 % du prix moyen du pétrole brut algérien par rapport à la même période en 2025. Le prix moyen du baril s’est établi à environ 97 dollars, tandis que le prix moyen du gaz commercialisé a atteint près de 11,3 dollars par million de BTU.

Par ailleurs, la fiscalité pétrolière a engrangé 2 841 milliards de dinars, soit environ 105 % des prévisions retenues dans la loi de finances 2026 (estimées à 2 698 milliards de dinars).

Le ministre a également annoncé 17 nouvelles découvertes d’hydrocarbures réalisées grâce aux efforts propres de Sonatrach depuis le début de l’année. Les investissements du groupe ont franchi la barre des 6 milliards de dollars en 2026, contre 5,3 milliards de dollars en 2025.

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Sur le plan de la consommation nationale, la demande en produits énergétiques a atteint environ 59 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP), tirée principalement par la hausse de la demande en gaz et, dans une moindre mesure, en produits pétroliers, notamment lors de la vague de chaleur et des incendies de l’été dernier.

Parallèlement, la production des stations de dessalement d’eau de mer en service a progressé de 26 % à fin septembre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente. L’Algérie compte actuellement 19 stations de dessalement, offrant une capacité globale supérieure à 3,8 millions de mètres cubes par jour, couvrant ainsi environ 42 % de la demande nationale en eau potable.

Objectif 2030 : 201 millions de TEP et accélération de la pétrochimie

Le ministre a fait part de plans ambitieux visant à porter la production d’hydrocarbures à environ 201 millions de TEP d’ici 2030, tout en augmentant le taux de transformation et de valorisation à plus de 50 % de la production primaire, contre environ 30 % actuellement.

Pour concrétiser ces ambitions, une enveloppe financière d’environ 71,6 milliards de dollars a été allouée au développement du secteur :

  • 52 milliards de dollars pour les activités d’exploration et de production (amont).
  • 13 milliards de dollars pour les projets de raffinage et de pétrochimie.

Parmi les projets majeurs programmés figurent la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, l’unité de production de MTBE à Skikda, le complexe de polypropylène d’Arzew, ainsi que l’unité d’alkylbenzène linéaire (LAB) également située à Arzew.

Le ministre est également revenu sur le projet d’intégration phosphates à Bled El Hadba (wilaya de Tébessa) et Oued Keberit (wilaya de Souk Ahras), soulignant l’avancement des travaux, des études d’ingénierie et du développement des infrastructures de transport et portuaires.

Attractivité internationale et engagements environnementaux

Abordant le volet partenariats, le ministre a rappelé le lancement par l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT) d’un appel d’offres international portant sur sept périmètres d’exploration répartis dans les wilayas d’Ouargla, Illizi, Touggourt et El Bayadh.

Près de 60 compagnies ont exprimé leur intérêt, et 21 d’entre elles ont rempli les conditions requises pour accéder aux données techniques.

Sonatrach poursuit en parallèle le renforcement de ses partenariats stratégiques sous l’égide de la loi n° 19-13, à travers des contrats signés avec de grands groupes internationaux tels que l’italien Eni, l’indonésien Pertamina, l’espagnol Repsol, l’américain Occidental Petroleum et le chinois Sinopec.

Enfin, le ministre a annoncé la reprise des négociations concernant le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) selon le calendrier prévu, ainsi que le coup d’envoi des travaux du tronçon algérien à Adrar en juin 2026.

Sur le plan environnemental, il a mis en avant les efforts visant à réduire l’empreinte carbone en éliminant le torchage routinier du gaz et en réduisant les émissions de méthane, tout en rappelant l’ambitieux projet de reboisement de Sonatrach portant sur 520 000 hectares sur 10 ans, pour un investissement de plus d’un milliard de dollars.

AA

Amina Aouadi

Journaliste – Analyse, économie et société

Amina Aouadi est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360, spécialisée dans les analyses de l'actualité économique et les grands sujets de société.

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