Prise de participation dans Hellenic Petroleum: Sonatrach essuie un revers

Prise de participation dans Hellenic Petroleum: Sonatrach essuie un revers

La cession par Paneuropean Oil, Industrial Holdings et le gouvernement grec d’une participation de 50,1% dans le plus grand raffineur du pays devrait rapporter environ 1,3 milliard d’euros à l’État.   

L’agence de privatisation grecque a différé la cession d’une participation dans le raffineur Hellenic Petroleum pour laquelle Sonatrach était soumissionnaire.

Le groupe public des hydrocarbures était pourtant présélectionné avec trois autres compagnies internationales, à savoir Glencore, CIEP et Vitol. La cession d’une part de 50,1% dans Hellenic Petroleum s’inscrit dans une vaste opération de ventes d’actifs initiée par Athènes depuis 2010. La cession par Paneuropean Oil, Industrial Holdings et le gouvernement grec d’une participation de 50,1% dans le plus grand raffineur du pays devrait rapporter environ 1,3 milliard d’euros (1,5 milliard de dollars) à l’État.

Hellenic Petroleum, qui exporte plus de la moitié de sa production annuelle : environ 16,5 millions de tonnes, possède trois raffineries de pétrole en Grèce et dispose également de droits de recherche de pétrole et de gaz dans le pays. Vitol et Sonatrach constituaient l’un des deux consortiums retenus pour soumissionner, mais la Grèce vient de déclarer qu’aucune offre contraignante n’avait été présentée. Le fonds de vente d’actifs de l’État a attribué l’absence d’offres à “des raisons liées aux parties présélectionnées et aux récents développements de l’environnement international”. Un scénario surprise car Sonatrach et Vitol travaillaient, depuis des semaines, pour constituer un consortium et parfaire leur offre.

Aucun des deux consortiums, Glencore-CIEP et Vitol-Sonatrach en l’occurrence, n’a donc déposé une offre ferme pour l’acquisition de 50,1% du capital de Hellenic. Un responsable de l’agence de privatisation grecque a déclaré à Reuters que les investisseurs potentiels avaient formulé des demandes allant au-delà de ce que la Grèce pouvait satisfaire. Les droits de veto et le renforcement du rôle des actionnaires minoritaires après l’accord pourraient également avoir dissuadé les candidats potentiels, a ajouté le même responsable. En tout cas, cet ajournement de l’opération suscite beaucoup d’interrogations notamment après la suspension des négociations entre Sonatrach et ExxonMobil, il y a de cela à peine un mois.

C’est le second revers que subit le groupe Sonatrach en moins d’un mois. Le groupe avait annoncé son intention d’entrer dans l’actionnariat de Hellenic Petroleum il y a de cela quelques semaines. Il avait ensuite tenu des conciliabules avec Vitol en vue de présenter une offre commune susceptible de contrecarrer la proposition du consortium Glencore-CIEP. L’opération n’a pas abouti, faute de propositions fermes, à en croire les responsables de l’agence de privatisation grecque.

L’offre de Sonatrach — qui s’est associée à Vitol — s’inscrit dans le cadre de son internationalisation, notamment dans les domaines du raffinage et du négoce. La compagnie publique des hydrocarbures, qui a racheté depuis peu une raffinerie d’ExxonMobil en Italie, essuie désormais des revers, et non des moindres.

Ali Titouche