Presse électronique en Algérie : Un secteur en quête de reconnaissance !

samedi 10 novembre 2018 à 13:08
Source de l'article : Reporters.dz

Les dernières poursuites judiciaires engagées contre six journalistes algériens, se revendiquant de la presse électronique, relance le débat sur le statut, le rôle et l’avenir de ce nouveau modèle médiatique en Algérie. Bien que citée dans la loi sur l’information de 2012, la presse électronique en Algérie continue de fonctionner sans statuts, sans règles et sans éthique parfois. Une anarchie totale caractérise, aujourd’hui, ce secteur au point de ne pas connaître le nombre de médias électroniques exerçant dans le pays.

Pas moins de 60 sites web revendiquent le statut de média électronique. Chaque mois, de nouveaux sites d’information font leur apparition sur la scène médiatique. Souvent, le nom des vrais partons de ces sites web d’information, qui poussent comme des champignons, n’est connu ni par les simples internautes ni par les autorités publiques. Aucune partie, aujourd’hui, ne peut avoir une idée de l’évolution de la presse électronique. Certains médias électroniques ne mentionnent même pas leurs coordonnées sur leur site pour pouvoir les contacter pour l’envoi de précisions ou de démentis ou même de mises demeure.
Les poursuites judiciaires deviennent également difficiles au vu de l’absence du nom des propriétaires de ces sites web. Ces pratiques largement répandues ouvrent la porte à toutes les dérives et portent atteinte à l’image du vrai journalisme électronique, appelé à devenir la vitrine de l’Algérie. Des dérives qui se caractérisent par la diffusion de propos diffamatoires, racistes, sexistes et autres, mais également un moyen de faire du chantage.
La création du SAEPE,
un pas en avant
L’initiative prise par quelques journalistes de lancer le Syndicat algérien des éditeurs de la presse électronique (SAEPE) marque un pas en avant dans la régulation de ce secteur livré à lui-même. Le regroupement des éditeurs de la presse électronique dans un cadre bien défini permettra d’identifier tous les acteurs du domaine et de faciliter les pourparlers avec les autorités concernées. La fixation des règles d’éthique se fera plus facilement avec l’existence d’un syndicat. Ce syndicat demande au ministre de la Communication des mesures concrètes pour lever ce qu’il appelle «l’embargo institutionnel dont est victime la presse électronique», en dépit de sa reconnaissance légale dans le texte de loi de 2012. Il demande également «l’ouverture d’un dialogue direct» avec le ministère de tutelle autour des propositions constructives contenues dans «notre projet de pacte d’avenir pour l’émergence des médias électroniques en Algérie». Pour le syndicat, il est injuste que l’Etat impose des impôts aux médias électroniques et refuse en même temps de leur accorder le statut de média comme la presse papier. Le SAEPE veut aussi bénéficier de la publicité publique.

Une autorité de la régulation s’impose
En plus de la création d’un syndicat corporatiste, une autorité de régulation s’impose pour faire de la presse électronique une réalité et un acteur à part entière de la scène médiatique nationale. Une mise en place de cette autorité fixera le cadre à respecter et identifiera tous les acteurs du domaine et contribuera à la promulgation d’un statut aux médias électronique. Elle rappellera également à l’ordre chaque média qui viole les règles professionnelles. Les membres de cette autorité devraient être élus par les journalistes de la presse électronique.A. S.

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