PRÉSENTATION DU RAPPORT DE LA BANQUE D’ALGÉRIE À L’APN,Aucun mot sur le marché parallèle de la devise

PRÉSENTATION DU RAPPORT DE LA BANQUE D’ALGÉRIE À L’APN,Aucun mot sur le marché parallèle de la devise

a18-apn-algerie.jpgMohamed Laksaci, gouverneur de la Banque d’Algérie présente, aujourd’hui, devant les députés de l’APN le rapport annuel sur la situation monétaire et financière 2011 du pays. Remis pourtant aux membres de la commission des finances et du budget de l’Assemblée depuis plusieurs semaines, le document n’a bénéficié d’aucun examen ou traitement quelconque au sein de cette instance.

A la veille de la présentation de ce rapport en plénière, le gouverneur de la Banque d’Algérie ne s’est toujours pas présenté devant les membres de cette commission pour répondre à leurs questions. «Nous avons demandé à l’auditionner avant la plénière mais notre requête est restée sans suite. Nous espérons et nous tenons à ce que cette séance de débat ait lieu même si ça doit se faire juste avant la plénière», nous a expliqué un membre de la commission de finance et du budget.

Dans son rapport, la Banque d’Algérie n’a, en aucun cas, évoqué l’épineuse problématique du marché parallèle de la devise, sujet à grande polémique au moment où le gouvernement a entamé une large opération d’éradication des marchés informels à travers le pays.

Les déclarations contradictoires des ministres de l’intérieur et celui des finance sur cette question n’a pas donné une clarté et encore moins une bonne visibilité sur les intentions de l’exécutif à propos de ce problème. Les opérateurs économiques comme les experts sont tous unanimes sur les préjudices énormes qu’occasionne ce marché à l’économie algérienne face à l’absence de solutions concrètes pour le régulariser.

La Banque d’Algérie, considérée comme l’autorité financière du pays, n’a pas évoqué ce sujet alors qu’elle est directement concernée par le phénomène étant que le contrôle de la circulation des fonds relève de son ressort. C’est d’ailleurs l’une des questions phares sur laquelle M. Laksaci va être interpellé par les députés. «Absolument, le rapport ne fait aucune allusion au marché du change.

La question a été totalement éludée en dépit de son importance», affirme un membre de la commission. «Pourtant, il existe une disposition dans la loi sur la monnaie et le crédit qui permet aux investisseurs l’ouverture de bureaux officiels de change.

Un grand souci d’inflation

«La disposition n’a jamais été appliquée, il est temps de savoir les raisons d’une telle situation ?», s’interroge notre interlocuteur. Globalement, le rapport de la Banque d’Algérie fait état «du maintien des grands équilibres financiers» du pays et évoque «un grand souci d’inflation» qui continue de guetter notre économie occasionnant une véritable saignée des ménages. Le rapport souligne «le fléchissement du rythme de la croissance économique en raison de la persistance des tensions inflationnistes dues au choc sur les prix extérieurs au début de l’année».

«L’expansion des dépenses budgétaires, en particulier l’envolée des dépenses courantes, a alimenté l’effet-prix, et par là, rendu difficile la conduite de la politique monétaire par la BA compte tenu du nouveau taux d’inflation contenu légalement». Le rapport tient compte de l’impact inévitable de la crise de l’euro sur les pays émergents.

En soulignant la performance du compte courant extérieur de l’Algérie, le rapport de la BA, met en garde contre «le profil des importations et leur structure qui représentent un risque non négligeable. La situation du compte de capital des opérations financières, en quasi équilibres en 2011, constitue un autre élément de résilience face aux difficultés de financements extérieurs, induites par la crise dans la zone euro et auxquelles font face les pays émergents et en développement».

Ce rapport souligne que «la gestion prudente des réserves officielles de changes par la BA s’inscrit dans l’objectif stratégique de consolidation de la stabilité financière externe sur le moyen terme.

La persistance de la récession dans les hydrocarbures pèse sur l’activité économique et plaide pour une performance hors hydrocarbures continue».

Il a relevé «un ralentissement de la croissance économique en 2011 à 2,4%, contre 3,4% en 2010, et ce en contexte de baisse de l’activité du secteur du bâtiment et des travaux publics». Le rapport de la Banque d’Algérie souligne que «l’évolution des recettes budgétaires constitue désormais un élément de vulnérabilité devant la nouvelle structure des dépenses budgétaires où les dépenses courantes sont sur un seuil haussier».

  • N. B.