Près de 9 millions d’Algériens diabétiques d’ici à 20 ans

Près de 9 millions d’Algériens diabétiques d’ici à 20 ans

Les données épidémiologiques de l’Algérie sont incluses dans le chapitre Mena (Middle East and North Africa) où la prévalence du diabète augmente de manière exponentielle.

Les derniers chiffres de la Fédération internationale du diabète sur la progression du diabète dans le monde, mais aussi en Algérie font froid dans le dos. La Fédération internationale du diabète (FID) le déclare comme une pathologie pandémique qui menace la santé mondiale. Tous les indicateurs sont au rouge. Dans sa dernière livraison, l’Atlas de la FID mentionne que la prévalence de cette maladie chronique dans le monde est passée à 9,3%, soit 463 millions de diabétiques en 2019. Le taux est passé du simple au double par rapport à l’an 2000 qui était de l’ordre de 4,9% soit 151 millions de patients.

En 2045, le monde comptera 700 millions de diabétiques. Les données épidémiologiques de l’Algérie sont incluses dans le chapitre Mena (Middle East and North Africa) où la prévalence du diabète augmente de manière exponentielle. Ce constat alarmant a été dressé hier par des diabétologues et des internistes présents à la rencontre consacrée à la présentation des résultats des enquêtes menées par les experts de la FID sur le diabète.

Organisé à l’hôtel El-Djazaïr par le groupe pharmaceutique Novo Nordisk, le rendez-vous d’hier avec la presse a permis de s’imprégner de l’évolution de cette maladie insidieuse en Algérie et de son impact sur les organes dits nobles (cœur, reins et vaisseaux). Les animateurs de cette rencontre ont lancé un nouvel appel de détresse sur ce fléau qui menace la société algérienne.

Ils ont rappelé, à cet effet, les résultats de l’enquête du ministère de la Santé menée selon l’approche de l’OMS, dite “STEPwise”. La prévalence de l’hyperglycémie en Algérie à jeun égale ou supérieure à 1,26 g/l est estimée à 14,4%, soit au total plus de 4,5 millions de diabétiques. Si l’on tient compte de la marge de progression annoncée par la FID et qui est de 96%, ce taux risque de passer du simple au double en 2045.

Il y aura près de 9 millions de diabétiques d’ici à 20 ans. L’Algérie a alors enregistré, de 2003 à 2017, une augmentation de 80%, alors que la prévalence était de 8,9% de la population ciblée. Au-delà de la situation épidémiologique présentée qui renseigne sur les impacts et de cette pathologie en Algérie, de gros efforts doivent être encore déployés pour améliorer la prévention, les diagnostics et la qualité des soins pour prévenir les graves complications du diabète qui risquent d’être fatales.

Selon les statistiques de la FID, 4,2 millions de personnes diabétiques sont décédées en 2019. C’est le Pr Nouri qui plantera le décor en intervenant sur les complications mortelles du diabète. “La pathologie cardiovasculaire en est la principale complication. Les prévisions liées à l’évolution de cette maladie confirment que le diabète tue. Beaucoup de cas d’infarctus du myocarde sont signalés ces derniers temps, l’on découvre en définitive qu’ils sont pré-diabétiques. Les diabétiques sous-traités ou mal traités ou qui refusent de se soigner sont exposés à un risque mortel. Le risque de mortalité augmente à partir de 50 ans.”

Pour sa part, le Pr Samia Zekri Samia de l’EPH de Birtraria mettra l’accent sur la lutte contre les facteurs de risque qui ont une plus grande répercussion sur la mortalité et la morbidité dues aux maladies chroniques.“Il va falloir s’attaquer à l’obésité, puisque le risque commence avec le surpoids”, précisera l’interniste de Birtraria qui présentera également une étude sur la prise en charge des diabétiques, menée à travers 23 wilayas et qui a touché un échantillon de 14 609 patients. L’objectif de l’enquête baromètre est de comparer la qualité de soins prodigués aux malades.

Hanafi H.

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