Près de 1 500 locaux fermés en trois semaines : Les commerçants indélicats réprimés

Près de 1 500 locaux fermés en trois semaines : Les commerçants indélicats réprimés
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Le non-respect des règles les plus élémentaires de l’activité commerciale est constaté toute l’année, et prend l’ascenseur à l’occasion du ramadhan. Les chiffres de la tutelle ne renseignent que sur la partie visible de l’iceberg.

1 400 locaux commerciaux ont été fermés durant les vingt premiers jours du mois de ramadhan. Selon les chiffres du ministère du Commerce, les services de contrôle d’hygiène et de la qualité ont effectué plus de 190 000 interventions durant cette période.

20 000 infractions ont été enregistrées et autant de PV rédigés à l’encontre des contrevenants. Les chiffres de la tutelle confirment, bien que partiellement, l’ampleur de l’anarchie qui gagne l’activité commerciale, notamment durant ce mois sacré ou l’avidité et la rapacité s’érigent en règle.

Selon le chargé de la communication du ministère du Commerce, Farouk Tifour, 59% des infractions sont relatives au non affichage des prix et des étiquettes, 13% pour non détention de factures, 8% pour exercice de l’activité commerciale sans registre du commerce et 1% pour opposition au contrôle. La présence des agents de contrôle a permis l’application de la loi et la vérification d’une partie des commerces.

Il est même d’affirmer que le nombre d’infractions est encore plus important et les contrôleurs déployés sont dans l’incapacité de dissuader tous les commerçants véreux et assurer ainsi une protection parfaite de la santé du consommateur. Le travail effectué par les services de contrôle durant les trois premières semaines du ramadhan tend à traduire, en réalité, les promesses et engagements du nouveau ministre du Commerce, Mustapha Benbada.

Ce dernier, à la veille de ce mois sacré, a déclaré que les services de répression de la fraude seront mobilisés et veilleront au respect des règles d’hygiène et de qualité, même après le f’tour et durant les week-ends. Ce qui s’est avéré ne pas être une sinécure, d’autant que l’anarchie ne date pas de ce mois de jeûne.

En fait, le non-respect des règles les plus élémentaires de l’activité commerciale est constaté toute l’année, et prend l’ascenseur à l’occasion du ramadhan.

Les chiffres de la tutelle ne renseignent que sur la partie visible de l’iceberg. Un iceberg que seul les contrôleurs semblent ignorer. Faut-il préciser qu’à Alger ou au niveau des grandes villes, la vente des produits alimentaires, dont les plus sensibles tels que les viandes et les fromages, se pratique au niveau des marchés informels sans respect des conditions d’hygiène les plus élémentaires. Dans les localités reculées, le constat est encore plus alarmant.

C’est dire que le danger d’intoxication est omniprésent. Le nombre de commerces anarchiques ne fait qu’augmenter durant cette période et de nouvelles astuces font leur apparition, l’essentiel étant de rentabiliser au maximum ce mois sacré.

Du bourek, matloue, des grillades et bien d’autres produits de consommation sont préparés, parfois sur la voie publique, ou étalés à même les trottoirs, sans que les vendeurs ne soient inquiétés par les autorités publiques.

Le bilan de la tutelle a enregistré également 47 infractions relatives à l’application de prix illégal et 64 infractions pour exercice d’une activité autre que celle indiquée sur le registre du commerce. Ainsi, il est à relever que le changement d’activité continue de figurer parmi les infractions caractérisant ce mois de jeûne. Pire, leur nombre devrait être encore plus important.

Le président de la République, lors de l’audition du ministre du Commerce, a insisté sur la nécessité d’endiguer la fraude et protéger le consommateur. Une tâche qui demeure difficile, sachant que l’essentiel des efforts est consenti durant le mois de ramadhan, sans pour autant parvenir à mettre un terme aux pratiques préjudiciables à la santé des clients. Durant le reste de l’année, c’est encore pire.

Par Aomar F.