La cloche de la Bourse d’Alger a retenti ce mercredi 15 juillet, et avec elle, une page s’est tournée pour le marché financier algérien. AYRADE, opérateur national de Cloud souverain, a procédé à la première cotation de son titre à la Société de Gestion de la Bourse des Valeurs (SGBV), devenant ainsi le tout premier acteur de la souveraineté numérique à accéder au marché des capitaux en Algérie. La cérémonie, organisée à l’Hôtel Sheraton d’Alger en présence des autorités et des partenaires de l’opération, a consacré l’aboutissement d’un processus entamé bien avant l’ouverture de la souscription.
Le verdict des marchés est sans appel : une sursouscription de 138,4 %, portant la demande totale à 1 384 000 000 DZD pour une offre initiale d’un milliard de dinars. Un signal fort, qui dépasse largement le cadre d’une simple introduction en Bourse.

Six premières nationales pour la place financière algérienne
Clôturée le 30 juin 2026 sans prolongation, la période de souscription a généré 2 617 ordres enregistrés, dont 58 % via le circuit digital. Ce seul chiffre illustre une rupture : jamais la Bourse d’Alger n’avait organisé une souscription entièrement en ligne. C’est l’une des six premières que cette opération inscrit dans les annales de la place financière nationale.
Au-delà du digital, AYRADE est aussi la première entreprise tech cotée à Alger, le premier acteur du Cloud souverain à franchir ce cap au Maghreb, et la première société à réunir l’intégralité du syndicat de placement du marché. L’opération a également obtenu une attestation de conformité aux principes de la finance islamique délivrée par le Haut Conseil Islamique, une autre inédite pour la SGBV.
Côté structure, l’opération repose sur l’émission de 1 250 000 actions nouvelles à 800 dinars l’unité, représentant 20 % du capital d’AYRADE. Elle a été conduite par la Banque de Développement Local (BDL), chef de file d’un syndicat de 11 établissements bancaires et financiers, aux côtés de Tell Markets en qualité de promoteur en Bourse. Le visa COSOB N° 2026-02 avait été délivré le 15 avril 2026.
AYRADE, quinze ans de construction au service de la souveraineté numérique
Fondée en 2009 par Mohamed Lamine Belbachir, la société n’est pas une startup en quête de légitimité. Depuis son lancement, elle a bâti une infrastructure Cloud entièrement localisée sur le territoire algérien, exploite deux datacenters opérationnels et accompagne aujourd’hui plus de 10 000 entreprises et institutions, des banques aux opérateurs télécoms, en passant par les administrations publiques et le secteur de l’énergie.
En effet, son produit propriétaire de cybersécurité, l’ASA (Ayrade Security Appliance) ainsi que son Security Operations Center (SOC) positionnent l’entreprise comme un acteur intégré, maître de l’ensemble de sa chaîne de valeur. C’est précisément ce modèle vertical, sans dépendance à des infrastructures tierces, qui a séduit les investisseurs lors de l’ouverture du capital annoncée en mai 2026.
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Mohamed Lamine Belbachir a été clair sur la portée de l’événement lors de la cérémonie de cotation : « Une introduction en Bourse n’est pas un point final. C’est un point de départ. Ce que nous célébrons aujourd’hui, c’est l’ouverture d’un nouveau chapitre pour une entreprise dont la mission est de bâtir la souveraineté numérique algérienne. Les fonds levés vont nous permettre d’accélérer : déployer davantage d’infrastructures, construire de nouveaux datacenters, recruter et former des talents algériens, renforcer notre offre de cybersécurité souveraine. Votre souveraineté numérique commence aujourd’hui. Elle commence avec nous. Elle commence avec vous. »
L’horizon fixé est 2030. À cette échéance, AYRADE entend s’imposer comme l’infrastructure de référence du Cloud souverain algérien, dans un marché que les projections évaluées par KPMG Algérie anticipent comme triplant d’ici cette date. Le business plan de l’entreprise projette un chiffre d’affaires de 4,568 milliards de dinars en 2031, contre 416 millions enregistrés en 2025.
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Une cotation qui s’inscrit dans la dynamique numérique nationale
L’entrée d’AYRADE en Bourse ne se lit pas en dehors de son contexte. Le 5 juillet dernier, le président Tebboune inaugurait à Mohammadia le Centre national algérien des services numériques, première infrastructure numérique souveraine d’État du pays, composée de deux centres de données implantés à Alger et à Blida. Un signal politique fort, qui confirme que la souveraineté numérique est désormais une priorité d’État, pas un simple slogan.
Ainsi, c’est dans ce contexte que la cotation d’AYRADE prend une dimension supplémentaire. Elle démontre que le secteur privé algérien est capable de structurer des acteurs crédibles, capables de lever des capitaux sur le marché national et d’attirer la confiance des investisseurs institutionnels comme des particuliers. D’ailleurs, sur les 2 617 ordres enregistrés, la majorité a transité par voie digitale, signe d’une maturité croissante du public algérien vis-à-vis des marchés financiers, une tendance également observée lors du succès des sukuks souverains lancés en janvier 2026, qui avaient frôlé les 300 milliards de dinars de souscriptions en deux mois et demi.
Pour rappel, depuis 2009, AYRADE opère depuis l’Algérie un socle de souveraineté numérique nationale articulé autour de trois métiers complémentaires : le Cloud souverain, l’intégration de datacenters et la cybersécurité souveraine. Plus de 10 000 entreprises et institutions algériennes lui font confiance, dans la banque, les télécommunications, l’administration publique, l’énergie, l’industrie et la santé.

