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Drogue en Algérie : en six mois, les saisies de prégabaline dépassent déjà toute l’année 2025

Drogue en Algérie : en six mois, les saisies de prégabaline dépassent déjà toute l’année 2025
Les services de sécurité algériens ont saisi 36,97 millions de comprimés de prégabaline au premier semestre 2026.

Les saisies de prégabaline ont atteint 36,97 millions de comprimés au premier semestre 2026, soit déjà plus que sur toute l’année 2025. La cocaïne et le cannabis suivent la même tendance. Ces chiffres ont été présentés ce samedi à Alger, lors d’un colloque consacré aux liens entre drogue et accidents de la route.

Prégabaline : un record de saisies en six mois

Les services de sécurité ont saisi 36,97 millions de comprimés de prégabaline au premier semestre 2026. Ce médicament, détourné de son usage thérapeutique, reste la substance la plus saisie en Algérie. Il est prescrit à l’origine contre certaines douleurs nerveuses et l’épilepsie.

En seulement six mois, les saisies dépassent déjà le total de l’année 2025, qui s’élevait à 36,35 millions de comprimés. D’après nos calculs, le bilan semestriel est supérieur d’environ 1,7 % à celui de toute l’année précédente. La prégabaline représentait déjà 83,73 % des comprimés psychotropes saisis en 2025.

Le directeur général de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, le Dr Tarek Kour, a présenté ces chiffres samedi. Il intervenait lors d’un colloque national organisé au Cercle national de l’Armée à Béni Messous, avec la Gendarmerie nationale. Selon lui, ce bilan illustre l’ampleur des défis et la nécessité de poursuivre la mobilisation.

Cocaïne, cannabis, ecstasy : les autres saisies du premier semestre

Les saisies de cocaïne ont atteint 1 094 kg et 580 grammes au premier semestre 2026. Elles représentent déjà environ 75 % du total de 2025, qui atteignait 1 462 kg. La résine de cannabis suit une tendance proche, avec 23,8 tonnes saisies en six mois, soit environ 64 % du total de l’année précédente, d’après nos calculs.

L’ecstasy fait figure d’exception. Les services de sécurité en ont saisi 1,37 million de comprimés au premier semestre, contre 4,37 millions sur toute l’année 2025. D’après nos calculs, le bilan semestriel ne représente qu’environ 31 % du total annuel précédent.

Substance1er semestre 2026Année 2025Part du total 2025 déjà atteinte
Prégabaline36,97 millions de comprimés36,35 millions de comprimésenviron 102 %
Cocaïne1 094,6 kg1 461,9 kgenviron 75 %
Résine de cannabis23,8 tonnes37,2 tonnesenviron 64 %
Ecstasy1,37 million de comprimés4,37 millions de comprimésenviron 31 %

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Drogue au volant : 154 conducteurs contrôlés positifs depuis janvier

Le colloque portait sur les liens entre la consommation de drogues et la sécurité routière. Le commandant de la Gendarmerie nationale, le général-major Ali Sidane, a présenté les résultats des tests de dépistage réalisés lors des contrôles routiers. Depuis le début de l’année 2026, 154 conducteurs se sont révélés positifs, sur 9 167 tests effectués.

Les gendarmes ont aussi recensé 161 accidents mortels et 144 accidents corporels causés par des conducteurs sous l’effet de drogues ou de psychotropes. D’après nos calculs, environ 1,7 % des conducteurs testés étaient positifs. Selon le général-major, ces substances réduisent la concentration, faussent l’estimation des distances et ralentissent les réflexes.

Le Dr Tarek Kour a particulièrement mis en garde contre la prégabaline, dont les effets de somnolence menacent la maîtrise des véhicules. Il a cité une revue scientifique publiée en 2025, portant sur 31 études et plus de 328 000 personnes. Selon cette synthèse, la consommation de cannabis augmente d’environ 55 % la probabilité de décès dans un accident de la route.

Accidents de la route : le bilan de 2025 et de 2026

L’Algérie a enregistré 26 976 accidents corporels en 2025, qui ont causé la mort de 3 838 personnes et blessé 37 020 autres. Au cours des huit premiers mois de 2026, 18 297 accidents corporels ont été recensés. Ce bilan marque une baisse de 89 accidents et de 71 décès par rapport à la même période de 2025.

Malgré ce recul, le directeur de l’Office juge la situation préoccupante. Il estime nécessaire de mieux mesurer le lien entre drogues et accidents, grâce à davantage de dépistages et d’analyses toxicologiques. La Gendarmerie nationale a d’ailleurs généralisé le dépistage des drogues chez les conducteurs.

Nouveau code de la route : des peines plus lourdes pour la conduite sous drogue

La loi n° 26-09 portant code de la route durcit les sanctions contre la conduite sous l’effet de drogues ou de psychotropes. Elle renforce les procédures de dépistage et alourdit les peines en cas d’homicide ou de blessures involontaires. Les conducteurs responsables d’un accident sous l’emprise de drogues ne bénéficient pas des circonstances atténuantes, a précisé le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa.

Pour le Dr Tarek Kour, ces dispositions doivent s’accompagner de moyens techniques et de personnels formés. Il appelle aussi à renforcer la coordination entre les services de sécurité, la justice et la santé. Les tests antidrogue s’étendent par ailleurs à d’autres domaines, comme les tests à l’embauche.

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Stratégie nationale de lutte contre la drogue : le bilan de la deuxième année

Lotfi Boudjemaa a ouvert le colloque avec le général-major Ali Sidane. Selon le ministre, la deuxième année de la Stratégie nationale de lutte contre la drogue 2025-2029 a permis une « avancée institutionnelle tangible ». Il cite le renforcement de la coordination, l’intensification des campagnes de sensibilisation et le développement des mécanismes de suivi.

L’évaluation de la première année de la stratégie montre que 215 activités sur les 278 programmées ont été réalisées ou lancées, soit un taux de 77,3 %. Le directeur de l’Office souhaite désormais mesurer l’impact réel de ces actions sur le terrain. D’autres mesures ont suivi, comme le décret qui encourage les signalements de trafiquants.

Consommation de drogue : quatre études pour mieux la mesurer

Les saisies mesurent l’activité des trafiquants et des services de sécurité, mais pas la consommation réelle. Pour mieux la comprendre, l’Office a signé en août un partenariat avec l’Institut national de santé publique. Il prévoit quatre études de terrain : dans la population générale, en milieu scolaire, en milieu universitaire et sur la mortalité liée aux drogues et aux overdoses.

Ces études doivent permettre de dresser le profil des consommateurs, des drogues consommées et des zones les plus touchées. Sur instruction du Premier ministre, une enveloppe financière leur a été allouée. Elles doivent servir à cibler la sensibilisation et à implanter des centres de désintoxication là où les besoins sont les plus forts.

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AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

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