Pourquoi y a-t-il eu le «Printemps arabe» ?

Pourquoi y a-t-il eu le «Printemps arabe» ?

660544121426495366.jpgUN NOUVEAU RAPPORT DE LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT (BAD), RENDU PUBLIC, INTITULÉ «EMPLOIS, JUSTICE ET LE PRINTEMPS ARABE : LA CROISSANCE INCLUSIVE EN AFRIQUE DU NORD», FAIT ÉTAT D’UNE ANALYSE PEU GRATIFIANTE DES ÉVÉNEMENTS POLITIQUES APPARUS L’ANNÉE DERNIÈRE DANS DIFFÉRENTS PAYS D’AFRIQUE DU NORD, PLUS CONNUS SOUS LE NOM DE «PRINTEMPS ARABE».

Le département des opérations en Afrique du nord de la BAD, qui a publié le rapport, a indiqué que le manque d’opportunités économiques, la hausse du coût de la vie et l’écart grandissant entre les riches et les pauvres étaient les principales causes du mécontentement populaire. Le document de la BAD a cité, entre autres, les régimes installés depuis des lustres, notamment en Egypte, Tunisie et Libye, où la répression politique a poussé les peuples à se révolter pour avoir leurs droits légitimes, tels que le travail et la justice. N’ayant pas réussi à instituer des systèmes politiques pluralistes et ouverts, l’Egypte, la Libye et la Tunisie ont vécu des révolutions généralisées, lesquelles ont fait tomber ces régimes à tour de rôle. Ce même rapport a révélé que les gouvernements de la région «n’ont pas réussi à créer des emplois», en particulier pour les jeunes. «Les économies nord-africaines n’ont pas réussi à avoir une croissance assez rapide et suffisamment créatrice d’emplois de qualité», a indiqué le rapport. Cette croissance économique lente, et en parallèle une population jeune en pleine expansion, a conduit, selon le rapport de la BAD, aux événements du «Printemps arabe». «Peu a été fait en matière de réformes structurelles», poursuit le rapport. L’histoire des transitions dans d’autres pays donne à penser, selon les experts de la BAD, que les premiers gouvernements de transition ont tendance à se «détourner» des changements du système juridique et réglementaire, au-delà des tentatives visant à éliminer les manifestations les plus criantes des malversations qui caractérisaient les régimes précédents, sans oublier la «fragilité» du système bancaire qui limite les possibilités de réformes du secteur financier. L’objectif du rapport étant de faire ressortir les causes du «Printemps arabe», il préconise, toutefois, «le retour de confiance entre le secteur privé et le gouvernement» dans un environnement plus ouvert. «Une première étape peut être entreprise en développant des institutions qui prennent en charge des interactions transparentes, basées sur des règles, entre les entreprises et les pouvoirs publics», a estimé le rapport. Entre autres, il a noté que «les gouvernements nord-africains ont à leur disposition un certain nombre de politiques et de dispositions publiques qui peuvent aider à développer de nouvelles stratégies pour une croissance inclusive». Il a cité, à cet effet, l’amélioration de l’accès à l’emploi pour les jeunes, la réforme de l’éducation, la décentralisation des dépenses publiques et l’amélioration des prestations de services. $ Pour conclure, le document a indiqué «comment l’utilisation des accords régionaux pour intégrer plus pleinement à l’économie mondiale représente un complément important de la politique économique nationale». «Bien que les solutions aux problèmes de l’emploi et de la justice doivent à terme venir des sociétés qui ont favorisé le Printemps arabe, la communauté internationale a potentiellement un important rôle complémentaire à jouer», a-t-on conclu.

KAHINA B.-H