« Pourquoi parlez-vous du taux de change ? » : scène improbable entre Rezig et un importateur à la Safex

« Pourquoi parlez-vous du taux de change ? » : scène improbable entre Rezig et un importateur à la Safex
Scène improbable entre Rezig et un importateur à la Safex

La Foire de la production algérienne, inaugurée le 18 décembre par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, se voulait une vitrine du savoir-faire national et un signal fort en faveur de la réindustrialisation. Mais au-delà des stands et des discours officiels, un échange inattendu, capté par les caméras de télévision, est venu rappeler les zones grises qui persistent dans le commerce extérieur algérien. Une scène brève, devenue virale, qui illustre les contradictions d’un modèle confronté à des pratiques informelles persistantes.

Un échange filmé entre Kamel Rezig et un importateur fait réagir à la Foire de la production algérienne

Au-delà des discours officiels, une séquence inattendue captée par les caméras a retenu l’attention. C’est lors de la visite des ministres du Commerce intérieur et de la régulation du marché national, Amel Abdellatif, et du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, que l’échange le plus commenté a eu lieu.

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Interpellé par le ministre sur la compétitivité de ses prix, un importateur a d’abord répondu « Ils sont compétitifs ».  Avant d’ajouter : « Par rapport au taux de change, un peu… quand le dinar baisse ». Cette hésitation a immédiatement déclenché la réplique nette du ministre. « Vous importez avec le taux de change officiel, pourquoi parlez‑vous de taux de change ? Est‑ce que vous utilisez le taux officiel ou celui du Square ? »

Le Square désigne le principal marché parallèle de change à Alger, où les devises se négocient à des taux très éloignés de ceux publiés par la Banque d’Algérie.

Taux de change officiel vs marché noir : records récents et réalités économiques

Depuis plusieurs mois, le marché noir des devises en Algérie connaît une forte tension. Sur la place du Square Port‑Saïd à Alger, le taux de change de l’euro face au dinar a atteint des niveaux historiquement élevés. D’ailleurs, en novembre dernier, le taux pour 1 € avait frôlé la barre des 280 dinars. Un record récent attestant de la pression sur les devises étrangères.

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En effet, ces niveaux contrastent fortement avec le taux officiel, où l’euro reste fixé à environ 150‑152 dinars. Soit un écart supérieur à 70 %. Cette différence montre qu’une partie des opérations commerciales dépend de mécanismes informels, ce qui pose plusieurs problèmes économiques :

  • Distorsion de la concurrence : les opérateurs qui respectent le taux officiel sont désavantagés par ceux qui utilisent le marché parallèle.
  • Pression sur le dinar : une demande de devises hors circuits officiels fragilise la monnaie nationale.
  • Perte de recettes fiscales : les opérations réalisées hors du circuit officiel échappent à certaines obligations fiscales.

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Enfin, la scène entre Kamel Rezig et l’importateur, devenue virale, illustre les contradictions d’un modèle encore largement dépendant des importations et confronté à des pratiques informelles persistantes.