Entre chute des cours mondiaux et résistance des prix locaux, le secteur de la bijouterie est dans le collimateur des autorités. Des campagnes d’inspection d’envergure sont lancées pour traquer la spéculation, le pesage frauduleux et l’opacité des tarifs.
Le marché de l’or en Algérie traverse une zone de turbulences. Alors que les cours mondiaux affichent une baisse significative, les vitrines locales semblent ignorer cette tendance, maintenant des prix élevés qui suscitent l’indignation des consommateurs.
Cette déconnexion brutale a relancé le débat sur la transparence des transactions et l’urgence d’un encadrement strict pour protéger le pouvoir d’achat contre les pratiques spéculatives.
Opacité des tarifs : les consommateurs algériens réclament des comptes
Face à l’absence de justifications claires sur cet écart de prix, les citoyens, épaulés par les associations de défense des consommateurs, montent au créneau. Ils réclament des sanctions exemplaires, allant jusqu’à la fermeture définitive des commerces contrevenants.
En réponse, le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations a déployé, depuis 48 heures, des brigades de contrôle sur l’ensemble du territoire.
L’enjeu est triple :
- Vérifier la conformité des prix par rapport aux mécanismes du marché.
- Contrôler la précision des balances utilisées en boutique.
- Lutter contre les « artifices de vente », notamment l’intégration excessive de pierres d’ornement pesées au prix de l’or pur, une pratique dénoncée comme une forme de tromperie technique.
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Arnaques au gramme : les services de répression des fraudes multiplient les saisies
Les premières sorties de terrain ont déjà confirmé les craintes des autorités. Dans l’ouest du pays, plusieurs cas de fraude sur les instruments de pesage ont été actés.
L’organisation de défense des consommateurs « Himayatec » a salué cette réactivité ministérielle. Pour ses représentants, ces inspections sont essentielles pour rétablir la confiance entre le bijoutier et son client, tout en imposant le respect strict des règles de facturation et d’affichage des prix.
« La conscience du citoyen reste la première ligne de défense. Exiger une facture et signaler les dépassements sont des actes civiques essentiels », rappelle l’organisation.
Refuser la vente : un acte de spéculation ?
Sofiane Louassa, membre de l’organisation, apporte un éclairage juridique crucial sur les comportements de certains commerçants. Selon lui, le fait de retirer un produit de la vente ou de feindre une rupture de stock dès que les prix baissent est qualifié de crime de spéculation et de rétention de stocks.
« La régulation du marché ne doit pas être sélective. Elle doit toucher tous les produits, y compris les biens de luxe comme l’or », affirme M. Louassa.
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Il souligne que ces manœuvres visent uniquement à créer une pénurie artificielle pour revendre plus cher ultérieurement, une pratique illégale que les services de répression des fraudes entendent éradiquer par une surveillance continue et des mécanismes de contrôle numérique moderne.
