Rachid Benaïssa, ministre de l’Agriculture et du Développement rural, a appelé dans une circulaire, l’ensemble des 48 walis à «instituer un conseil exécutif agricole et rural de wilaya qui se réunira au moins une fois par mois», afin d’assurer «une décentralisation des différents programmes de la Politique du renouveau agricole et rural (PRAR) et d’améliorer la communication à la base».
Ce sont là des mesures «organisationnelles» qui permettront, selon le texte, «de donner corps à un développement décentralisé, harmonieux et intégré en mettant en synergie, non seulement l’effort de l’Etat, mais aussi toutes les forces humaines et matérielles et les potentialités que recèle chaque wilaya». Pour expliquer sa demande, Benaïssa, écrira qu’elle a été motivée par le fait que «l’activité agricole et rurale soit diversifiée et intéressant presque l’ensemble des communes du territoire de la wilaya, mobilisant une multitude de structures au niveau local (…) ainsi que par la forte détermination de construire un programme décentralisé impliquant les autorités y compris les élus et la société civile». Ainsi, à travers cette décentralisation, ce conseil exécutif, selon la circulaire de Benaïssa, «aura à évaluer périodiquement la mise en œuvre des programmes arrêtés et à prendre les mesures d’amélioration et à proposer toute mesure à même d’animer et de renforcer le développement agricole et rural» dans chaque wilaya. De plus, le conseil pourra également instituer lui-même «une cellule de veille pour renforcer le Système de régulation des produits agricoles de large consommation (Syrpalac) et agir en temps opportun (…) afin de protéger les revenus des agriculteurs et des éleveurs et de stabiliser les prix au profit des consommateurs». Par ailleurs, le ministre a demandé aux walis d’instituer un groupe de travail qui veillera «à l’utilisation optimale des ressources financières mobilisées pour tout le secteur agricole et rural et à une bonne lecture des nomenclatures et des procédures de mobilisation des fonds». Dans ce contexte, Benaïssa rappellera la décision prise en 2011 concernant l’ordonnancement secondaire des fonds accordés aux directions des services agricoles et aux Conservateurs des forêts sous l’animation et la supervision du wali et le contrôle du ministre de l’Agriculture, l’ordonnateur primaire. Lequel ordonnancement, soulignera le ministre, a été accordé après la déglobalisation des différents programmes par wilaya et par commune. Or, poursuivra Benaïssa dans sa circulaire, une évaluation faite en janvier dernier «a permis de constater que les montants alloués pour la période s’étalant entre 2010-2011, sont insuffisamment engagés par les wilayas, et ce, en raison d’une mauvaise circulation de l’information, d’un manque d’initiative et de coordination entre les différentes structures concernées à la base». Aussi, il expliquera que les résultats «positifs» obtenus par filière et par territoire «sont dus en grande partie à la libéralisation d’initiatives des acteurs créateurs de richesse». Des performances, ajoutera le ministre dans son écrit, sont également le résultat des décisions prises en matière notamment de «sécurisation foncière, de facilitation d’accès aux crédits bancaires bonifiés, à l’augmentation de la superficie irriguée, à une amélioration de l’organisation professionnelle et au système de régulation des produits de large consommation». Soulignant que «tout au long de cette période 2009-2011, un important programme de recentrage des instruments et des dispositifs d’accompagnement et de renforcement des capacités des investisseurs potentiels et de créateurs de richesse au milieu rural a été mené à terme», souligne-t-il. En outre, les trois prochaines années, en l’occurrence 2012, 2013 et 2014 apparaissent, pour lui, «comme une phase importante de consolidation des acquis et de poursuite d’un développement durable, à initier au niveau décentralisé». A noter que lesdits conseils exécutifs seront animés par les walis et composé de plusieurs acteurs au niveau local, dont des responsables désignés par le wali et issus de tous les acteurs tournant autour du secteur agricole et rural, notamment ceux de la direction des services agricoles, de la chambre d’agriculture, les organisations professionnelles et interprofessionnelles, les directeurs régionaux des instituts techniques et les représentants des entreprises au niveau local.
Par Lynda Naili Bourebrab
