Pour réduire ses importations, l’Algérie lance sa première filière de « dolomite » transformée

Pour réduire ses importations, l’Algérie lance sa première filière de « dolomite » transformée
Transformation de la dolomite

À l’occasion du double anniversaire de la nationalisation des mines et de la création de la SONAREM, le ministre des Mines, Mourad Hanifi, a inauguré ce jeudi une unité de transformation de dolomite à Ouled Hamla. Un projet stratégique qui marque le passage d’une économie d’extraction à une industrie de transformation à haute valeur ajoutée.

C’est un déplacement placé sous le signe de la souveraineté économique et de la modernisation industrielle. En effet, le ministre s’est rendu ce jeudi dans la commune d’Ouled Hamla (Wilaya d’Oum El Bouaghi) pour présider les festivités commémorant le 60ème anniversaire de la nationalisation des mines et le 59ème anniversaire de la création de la SONAREM.

Accompagné d’une délégation de haut niveau — dont la Secrétaire d’État Karima Bakir Tafer, le Wali d’Oum El Bouaghi et le PDG du groupe SONAREM — le ministre a donné le coup d’envoi officiel d’un projet industriel majeur : l’unité de transformation de dolomite de Tioulet.

De l’extraction à la transformation de la dolomite : Le pari de la valeur ajoutée

L’inauguration de cette usine n’est pas qu’un simple événement local ; elle incarne la nouvelle feuille de route du gouvernement. L’objectif est de ne plus se contenter d’extraire des roches, mais les transformer sur place pour créer de la richesse et de l’emploi.

S’appuyant sur l’exploitation à ciel ouvert du gisement de Tioult, dont les réserves géologiques s’élèvent à plus de 43 millions de tonnes — incluant 35 millions de tonnes exploitables —, ce projet industriel d’envergure affiche une capacité de production annuelle de 100 000 tonnes de dolomite micronisée et calcinée.

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Cette unité de transformation se positionne comme un fournisseur stratégique pour des secteurs vitaux tels que la sidérurgie, la verrerie, l’industrie des engrais et le bâtiment, tout en générant un impact social immédiat par la création de 120 emplois directs au profit de la région.

Industrie minière : L’Algérie mise sur la transformation locale pour réduire la facture d’importation

En produisant localement de la dolomite transformée, l’Algérie entend répondre aux besoins croissants de son marché national, notamment pour ses complexes sidérurgiques et ses usines de verre. Cette stratégie vise directement à réduire la facture d’importation tout en renforçant l’intégration industrielle du pays.

Pour le ministre, ce projet s’inscrit dans une dynamique globale de relance. La restructuration du secteur avec un ministère dédié permet d’accélérer d’autres chantiers d’envergure nationale tels que Gara Djebilet (fer), le projet de phosphate intégré ou encore la mine de zinc de Tala Hamza.

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Lors de son allocution, Mourad Hanifi a rappelé que la nationalisation des mines, il y a soixante ans, fut un acte fondateur du recouvrement de la souveraineté nationale. Aujourd’hui, cette souveraineté se défend sur le terrain de la diversification économique.