Portières d’Audi A3 volées : trois suspects écroués

Deux hommes et une femme ont été conduits en prison sur décision du juge d’instruction de Hussein Dey. Ils sont soupçonnés d’avoir démonté et emporté trois portières d’une Audi A3 garée au quartier Garidi, à Kouba. L’affaire, détaillée dans un communiqué du procureur de la République, illustre une dérive qui inquiète de plus en plus les automobilistes algérois. En effet, il s’agit du vol de pièces détachées directement sur les véhicules en stationnement.
Une Audi A3 dépouillée de ses portières à Garidi
Tout commence par une plainte déposée le 28 septembre 2026. Le propriétaire d’une berline grise constate que son véhicule, laissé devant son domicile, a été amputé des deux portières arrière ainsi que de celle située côté conducteur. Il n’y a eu aucune trace d’effraction spectaculaire, et il n’y a eu aucun témoin. La carrosserie a été ouverte avec méthode.
Les investigations menées par les services compétents ont rapidement orienté les soupçons vers un groupe structuré. Selon le parquet, les mis en cause avaient préparé leur coup dans le détail. En outre, ils l’ont exécuté en un temps record. Ils ont choisi le cœur de la nuit, au moment où la rue se vide, pour opérer sans éveiller l’attention. Et ils n’ont laissé aucun indice derrière eux.
À LIRE AUSSI : 3000 milliards de dinars de préjudice : la justice tranche dans l’affaire « Remontada »
Trois mis en cause, dont une femme, placés en détention provisoire
L’identité des suspects a été communiquée par le parquet. Il s’agit de D. Youcef, 33 ans, N. Mehdi, 29 ans, et O. Kahina, 28 ans. Le juge d’instruction de la cour de Hussein Dey a estimé que les charges justifiaient leur placement en détention provisoire. Pour l’instant, ils y restent le temps que l’instruction se poursuive.
La présence d’une femme parmi les membres du groupe n’a rien d’inédit dans les dossiers traités par les juridictions algéroises. En mai dernier, une trentenaire avait déjà été envoyée en détention à Koléa. C’était après avoir dérobé 3 milliards de centimes au préjudice de son employeur.
Les trois prévenus devront répondre de plusieurs qualifications pénales. La principale concerne la constitution d’une association de malfaiteurs en vue de préparer un vol. Par ailleurs, s’y ajoutent les circonstances aggravantes retenues par le parquet : pluralité d’auteurs, effraction, action nocturne et recours à un véhicule à moteur pour transporter le butin.
Une fausse plaque d’immatriculation alourdit le dossier
Un second volet pèse sur les épaules du trio. Les enquêteurs ont établi qu’un véhicule équipé d’une plaque d’immatriculation falsifiée avait circulé dans le cadre de l’opération. Ce détail transforme une affaire de vol en dossier judiciaire nettement plus lourd.
Les poursuites s’appuient sur les articles 176, 177 et 353 du code pénal, auxquels s’ajoute l’article 144 du code de la route. Le cumul de ces textes expose les mis en cause à des peines sensiblement plus sévères que celles d’un vol ordinaire. Le maquillage des plaques reste d’ailleurs la signature classique des réseaux qui écoulent des automobiles dérobées.
Le vol de véhicules reste un fléau persistant à Alger
Les services de sécurité de la capitale multiplient les opérations contre ce phénomène. Début octobre, une enquête de plus de quatre mois a abouti à l’arrestation de sept individus. Elle a aussi permis la récupération de huit voitures dont les ramifications débordaient largement les frontières de la wilaya d’Alger.
Les méthodes employées évoluent sans cesse. Certains groupes privilégient le démontage nocturne, d’autres préfèrent piéger les vendeurs via les plateformes d’annonces. Un médecin algérois en a fait l’amère expérience lorsque son Tiguan a été dérobé après un faux rendez-vous de vente, une affaire finalement élucidée grâce à l’exploitation d’une puce téléphonique.
Face à la flambée des prix sur le marché de l’automobile, les pièces détachées d’occasion sont devenues une marchandise très recherchée. Un rétroviseur, un phare ou une portière d’Audi se négocient à des tarifs qui rendent le vol lucratif. Les propriétaires sont donc invités à privilégier les parkings surveillés et les dispositifs antivol.
À LIRE AUSSI : 17 milliards de centimes envolés, l’escroc aux fausses importations de voitures tombe






