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Elle portera la capacité d’accueil de l’aéroport à 5 millions de passagers/an: La nouvelle aérogare d’Oran livrée en septembre prochain

Avec la nouvelle aérogare et ses annexes, l’Aéroport d’Oran ne donnera plus l’air d’une structure qui assume mal son statut «international». Il était temps que le développement de cette infrastructure aéroportuaire se mette à rattraper sérieusement son déphasage par rapport aux standards internationaux. Un grand pas en avant vient d’être franchi, en tout cas.

Ceci en attendant bien sûr que la gestion suive et se mette au diapason avec l’infra neuve et la logistique qui ira avec. L’Aéroport international d’Oran «Ahmed Ben Bella», qui fut à l’origine une base aérienne de l’armée de l’air française datant des années 40, a fait comme il a pu de l’Indépendance jusqu’à ce jour pour assumer autant que faire se peut son rôle d’aéroport civil international, le deuxième plus important du pays.

TERMINAL-CHAPITEAU: SOLUTION «TEMPORAIRE» DE 9 MILLIONS

Un demi-siècle plus tard, à la veille du GNL 16, on se rend compte soudain que la seule aérogare était trop exiguë et inadaptée pour répondre aux besoins de la circonstance et on décide dans l’opulence de ces années-là d’importer, via un contrat de 9 millions d’euros entre Sonatrach-Aval et l’entreprise française EGIS/AVIA, un terminal-chapiteau clé en main, comprenant salons publics 1e classe, sas d’entrée avec scanner et portiques anti-métaux, bureau d’accueil et espace d’enregistrement, zones de contrôle de douanes et de police des frontières et zone de distribution de bagages. Les évènements s’envolent, les équipements restent, le terminal en tente de marque Röder HTS Höcker mis à la disposition de l’EGSA, une structure de 50 m sur 100 m et 5 m de hauteur sous avant-toit doté d’un système de toit simple couche avec des faîtages surélevés, fera office après la date du 18-21 avril 2010 de « wagon » de secours en périodes de pic du trafic, basculant d’un mode à l’autre, d’un usage à l’autre, tantôt pour les lignes domestiques tantôt pour les vols Omra-Hadj, au gré des saisons… et des humeurs. Mais ce « rajout », bien qu’ayant servi de soupape de sécurité notamment en moments de surpression de trafic aérien, était loin de résoudre le problème de saturation de l’Aéroport international d’Oran, mis de plus en plus à rude à épreuve par le volume et la densité de l’activité.

Il est établi qu’un bon aéroport est celui qui est capable de satisfaire au mieux les passagers tout en maximisant son potentiel de recettes. C’est pourquoi les infrastructures entourant l’aéroport -routes, parking, chemins d’accès et zones de transit- de même que les infrastructures souterraines comme les services publics et le drainage, ont tant d’importance. Ce sont bien souvent les aspects que les passagers remarquent en premier et qui sont susceptibles de leur laisser une impression durable. Pourtant, la réalité est souvent bien frustrante pour les passagers, avec un hall du terminal bondé, des vols couramment retardés, de longs délais d’attente sur le tarmac avant de décoller et des avions contraints de tourner en rond avant d’obtenir l’autorisation d’atterrir. La difficulté croissante à attribuer des créneaux d’atterrissage et de décollage adéquats laisse les aéroports dans l’impossibilité de faire face à leurs besoins d’expansion, avec des répercussions sur les compagnies aériennes qui ne trouvent aucun endroit où exploiter leurs appareils flambant neufs. Cette envolée du trafic aérien fait peser des contraintes supplémentaires sur l’Aéroport d’Oran qui est déjà au maximum de ses capacités. Ils est confronté dès lors à de nouveaux défis pour gérer efficacement et économiquement le nombre croissant de passagers, de marchandises et de bagages, ainsi que pour concevoir des solutions et des produits respectueux de l’environnement, tout en satisfaisant aux normes de sécurité toujours plus rigoureuses, aujourd’hui exigées dans le monde entier. Ces défis ont mis en évidence les inefficacités de cette infrastructure, qui a été conçue et construite pour faire face au volume de trafic de l’époque.

NOUVELLE AEROGARE: UN VRAI INVESTISSEMENT POUR UNE VRAIE SOLUTION

C’est dans ce contexte-là et pour remédier à cet état de fait, mettre à niveau et moderniser la structure, qu’un projet de réalisation d’une nouvelle aérogare, en plus de nouvelles pistes d’atterrissage, avait été conçu et mis en exécution. «Positiviste», faisant table rase sur les tenants et les aboutissants du retard «qui fait partie du passé lointain» enregistré dans la réalisation du projet -pour lequel l’entreprise Cosider et ses nombreux et multiples sous-traitants se sont fait taper sur les doigts à maintes reprises au temps de l’ex-wali d’Oran et actuel ministre des TP et des Transports, le chef de l’Exécutif local Mouloud Cherifi est reparti, lundi après-midi, satisfait et rassuré quant au respect de l’échéancier de livraison, à savoir : septembre 2018. « Nous sommes à un taux d’avancement global de 73%. Nous serons dans le délais, septembre prochain », lui a confirmé le chef de projet, en présence de la directrice des TP, le maître d’ouvrage, et du directeur de l’Entreprise de gestion des services aéroportuaires (EGSA) de l’Ouest. Les gros œuvres du bâtiment ont été achevés et l’état d’avancement des travaux des corps d’état secondaires (CES) ont dépassé les 70%, a-t-on précisé. Mieux, et c’est ça le plus important, « tout le matériel et les matériaux commandés de l’étranger et qui sont nécessaires pour parachever l’infrastructure est arrivé au niveau du port d’Oran ou est en cours d’arrivage », selon les responsables du projet. Le directeur des Transports a été instruit séance tenante par le wali à l’effet d’intervenir pour accélérer les procédures de dédouanement.

L’AEROPORT D’ORAN SE MET AUX ENERGIES RENOUVELABLES

La particularité de cette future infrastructure réside dans le fait que sa toiture sera recouverte de panneaux solaires «made in Algeria» dans une démarche de haute qualité environnementale (HQE), a fait observer un responsable du projet, précisant que 20 à 25% des besoins de cette infrastructure en énergie seront assurés par ces panneaux photovoltaïques. Selon les explications fournies, la nouvelle aérogare sera dotée d’un système de gestion de type centralisé avec détection des mouvements des passagers pour une meilleure maîtrise des énergies électrique et solaire. Ce système disposera de 12 postes de contrôle passagers extensibles à 20, 18 postes d’enregistrement, 5 escalators, d’ascenseurs et de passerelles panoramiques et 5 tapis.

D’une capacité d’accueil de 3,5 millions de passagers par an, cette aérogare portera la capacité de l’Aéroport international d’Oran à 5 millions de passagers/an. Le nouveau terminal sera doté d’un nouveau parking-avion à étages de 1.200 véhicules, plus 2 nouveaux parkings en surface totalisant une capacité de près de 2.200 véhicules.

Cette nouvelle aérogare, dédiée au trafic aérien international, sera réalisée selon les standards internationaux et des avancées technologiques, en matière de gestion des grands aéroports, un apport considérable pour la ville d’Oran qui accueille les Jeux méditerranéens de 2021 », a assuré pour sa part le directeur des Transports. Le projet, lancé début 2013, connaît un taux d’avancement appréciable et plusieurs mesures ont été prises afin d’activer la cadence des travaux et mettre en service la nouvelle aérogare avant la fin d’année, au plus tard. Outre deux nouvelles pistes d’une largeur de 45 m et d’une longueur respective de 3.660 et 3.000 m qui constitueront l’aire d’atterrissage et de décollage avec 16 positions d’aéronefs, la réalisation de la tour de contrôle de cette nouvelle aérogare a été confiée à l’Etablissement national de navigation aéronautique (ENNA).