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Secteur portuaire : après Béjaïa, Skikda signe un nouveau record

Secteur portuaire : après Béjaïa, Skikda signe un nouveau record
Port de Skikda

L’enceinte portuaire de Skikda vient d’annoncer avoir dépassé la barre des 200 000 conteneurs équivalents vingt pieds (EVP), un seuil inédit depuis sa création.

Derrière le chiffre, il y a une mécanique bien huilée. La direction de l’établissement attribue cette percée à la réorganisation engagée sur les quais depuis plusieurs mois, avec pour objectif assumé d’augmenter les volumes manutentionnés et de réduire les temps d’attente des navires.

Le port de Skikda franchit un cap jamais atteint en conteneurs

Le seuil des 200 000 EVP constitue un marqueur stratégique pour toute infrastructure portuaire. Il place désormais Skikda parmi les plateformes qui comptent dans le traitement du trafic conteneurisé national.

Cette dynamique n’est pas isolée. L’établissement s’est progressivement imposé comme un point de sortie privilégié pour les produits nationaux, comme l’ont montré les opérations de chargement de ciment et de clinker vers l’Italie et la Libye menées simultanément sur plusieurs quais du port commercial.

Le trafic de conteneurs reste l’indicateur le plus scruté par les professionnels. Contrairement au vrac, il exige des équipements spécifiques, une rotation rapide des engins et une coordination serrée entre manutentionnaires, douaniers et transitaires. Atteindre un tel volume suppose donc que l’ensemble de la chaîne ait suivi.

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La performance s’inscrit dans le prolongement des instructions du ministre des Transports, Saïd Sayoud, qui a fait de la productivité portuaire une priorité. Objectif affiché : gonfler les tonnages traités et fluidifier le passage des marchandises dans les enceintes sous douane.

Une série de records qui touche plusieurs infrastructures algériennes

Skikda n’est pas un cas isolé. Les équipes de Béjaïa ont évacué plus de 15 000 tonnes de maïs d’un navire en vingt-quatre heures, en faisant transiter la céréale directement des cales vers les camions. Quatre équipes s’y sont relayées sans interruption.

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La direction du port de Skikda a tenu à saluer l’implication des cadres et des agents mobilisés sur les quais. Grutiers, dockers, agents d’exploitation et personnels administratifs ont dû absorber une charge de travail accrue pour tenir les cadences imposées par ce rythme.

Le record résulte d’une organisation du travail revue, d’équipes qui se succèdent sans rupture et d’une maintenance préventive des engins de levage. Les retards de manutention coûtent cher aux armateurs, qui facturent chaque heure d’immobilisation.

Pour les opérateurs économiques de l’Est algérien, le signal est clair. Un port capable d’absorber ce volume devient une alternative crédible aux plateformes traditionnellement sollicitées, avec à la clé des délais réduits et des coûts logistiques mieux maîtrisés.

Un nouvel horizon pour la compétitivité portuaire nationale

Franchir ce seuil ouvre d’autres chantiers. La question des capacités de stockage, celle de la numérisation des procédures douanières et celle du raccordement ferroviaire reviennent régulièrement dans les discussions entre professionnels du secteur.

L’enjeu dépasse Skikda. En réduisant les temps de passage et en augmentant les cadences, les ports algériens cherchent à capter une part du trafic méditerranéen aujourd’hui dérouté vers d’autres escales. Le record annoncé constitue, de ce point de vue, une étape plus qu’un aboutissement.

AA

Amina Aouadi

Journaliste – Analyse, économie et société

Amina Aouadi est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360, spécialisée dans les analyses de l'actualité économique et les grands sujets de société.

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