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Pomme de terre plafonnée, déstockage… L’État multiplie les mesures d’urgence face à la hausse des prix

Pomme de terre plafonnée, déstockage… L’État multiplie les mesures d’urgence face à la hausse des prix
Pomme de terre plafonnée, déstockage… L’État multiplie les mesures d'urgence face à la hausse des prix
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Au marché, quelques dinars de plus sur la pomme de terre, la volaille ou d’autres produits de base finissent vite par se faire sentir dans le panier. Face aux nouvelles tensions sur les prix agricoles, le gouvernement a décidé de resserrer le contrôle sur les circuits qui séparent le producteur du consommateur.

Après une réunion tenue avec les représentants de plusieurs filières agricoles, le Premier ministre Sifi Ghrieb a annoncé une série de mesures pour mieux encadrer le marché. La Chambre nationale de l’agriculture (CNA), en coordination avec le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, en a détaillé les principales dispositions dans un communiqué publié le 6 octobre.

Spéculation, stockage, prix de la pomme de terre, importation des intrants, financement des agriculteurs… Le gouvernement intervient sur plusieurs maillons à la fois, avec une ligne directrice qui concerne directement le consommateur : maintenir les produits disponibles et contenir les hausses de prix.

Prix agricoles en Algérie : les intermédiaires et les stocks sous surveillance

Premier changement annoncé, les autorités veulent renforcer le contrôle de la chaîne d’approvisionnement, du producteur jusqu’au consommateur.

Le gouvernement annonce une « tolérance zéro » envers les intermédiaires et les spéculateurs qui interviennent sur les produits alimentaires. Les services compétents devront surveiller les différents circuits de commercialisation afin de repérer les pratiques susceptibles de faire grimper les prix.

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Le stockage fait lui aussi l’objet d’une attention particulière. Toute opération réalisée en dehors du cadre légal déclaré pourra entraîner des poursuites. Les autorités prévoient également de faire sortir les stocks disponibles pour renforcer l’offre et agir sur les prix, notamment pour la pomme de terre et la volaille.

La CNA dénonce, de son côté, les marges de bénéfice jugées excessives chez certains intermédiaires. Elle appelle à l’application d’une marge « acceptable, respectueuse de l’intérêt général ».

Pomme de terre : les prix annoncés du producteur au détaillant

La pomme de terre occupe une place particulière dans les nouvelles mesures. Pour ce produit très présent dans les achats quotidiens, les autorités ont fixé des niveaux de prix à différents stades de la commercialisation.

Le dispositif prévoit :

  • 70 à 80 DA le kilo chez le producteur
  • 80 à 90 DA le kilo au marché de gros
  • 80 à 90 DA le kilo au détail

Les autorités prévoient en parallèle le déstockage des quantités disponibles afin d’alimenter davantage le marché.

La volaille figure également parmi les produits concernés par cette opération. Le gouvernement entend ainsi agir sur l’offre plutôt que de limiter son intervention au seul prix affiché chez le commerçant.

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Intrants agricoles : un « couloir vert » pour accélérer les approvisionnements

Pour agir durablement sur les prix, le gouvernement veut également faciliter le travail des producteurs. Un « couloir vert » sera créé au niveau du ministère de l’Agriculture pour les intrants agricoles et les moyens de production importés destinés aux filières végétales et animales.

Le dispositif sera géré avec le ministère du Commerce extérieur. Les produits concernés seront dispensés d’inscription sur la plateforme numérique, selon le communiqué de la CNA.

L’objectif est de réduire les démarches et de permettre aux agriculteurs d’obtenir plus rapidement les produits nécessaires à leur activité.

Agriculteurs : le gouvernement promet aussi un accès plus simple au financement

Les nouvelles décisions comportent également un volet consacré à la situation financière et fiscale des producteurs.

Les agriculteurs qui déclarent leur production bénéficieront d’une exonération de la surveillance fiscale a posteriori. Le gouvernement prévoit aussi une régularisation de leur situation auprès de la Société algérienne de régulation des produits agricoles (SARPA).

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Les banques publiques devront, de leur côté, financer les différentes filières agricoles. Le Premier ministre leur demande d’alléger les conditions d’accès au financement et de réduire les délais d’examen des dossiers.

Ces mesures doivent permettre aux producteurs de poursuivre leur activité avec un accès plus fluide aux moyens de production et au financement.

Une cellule suivra chaque mois l’évolution des marchés agricoles

Le gouvernement veut enfin maintenir un suivi régulier de la situation. Une cellule de veille et de suivi sera mise en place sous la supervision du Premier ministre et des walis.

Elle réunira chaque mois les représentants des différentes filières afin de suivre l’évolution des marchés et les difficultés rencontrées sur le terrain.

La CNA encourage également les agriculteurs à vendre directement leurs récoltes aux consommateurs sur les marchés de gros. Une manière, selon elle, de réduire le poids des intermédiaires et de rapprocher le prix payé par le consommateur de celui obtenu par le producteur.

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Avec ce nouveau dispositif, le gouvernement agit donc sur plusieurs niveaux à la fois. Contrôle des circuits, déstockage, encadrement de la pomme de terre, facilitation des importations d’intrants et soutien aux producteurs composent les principales mesures annoncées. Reste désormais à voir leur traduction concrète sur les prix affichés dans les marchés.

LA

Lynda Ait Amedjkane

Journaliste – Nation, société et actualité quotidienne

Lynda Aït Amedjkane est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360. Elle couvre principalement les sujets liés à la nation, à la société et aux faits divers qui rythment l'actualité quotidienne en Algérie.

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