Le critique de cinéma Anis Koussim a réagi à la plainte déposée par le Syndicat national des praticiens de la santé publique auprès de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel au sujet de « scènes attentatoires à la pudeur et à l’image du corps médical » dans la série « El-Mouhadjir », feuilleton algérien diffusé sur une chaine de télévision privée en ce mois de Ramadan.
Sous forme de questions publiées hier sur son compte Facebook, Koussim a descendu en flammes le SNPSP. « Et si vous vous concentriez plutôt sur l’état des sanitaires dans vos services, les mauvaises odeurs, la nourriture qui donne la nausée, et d’autres défauts ? Ne serait-ce pas mieux ? », a-t-il écrit.
Avec humour noir, le réalisateur a ajouté : « Quand Olivier Atton (la légendaire série de télévision animée Olive et Tom, ndlr) tire le ballon et qu’il reste suspendu dans les airs jusqu’à l’épisode suivant avant d’entrer dans les filets, la Fédération algérienne de football ne dépose aucune plainte… Et lorsque les livres évoquent les licornes et le phénix, aucune association de zoologie ne s’en étonne. »
Koussim a justifié sa position en expliquant que les footballeurs et les zoologues savent que tout cela est fictif. L’artiste a aussi évoqué, plus sérieusement, les erreurs dans les séries House et Urgences (ER), qu’il qualifie d’énormes et nombreuses, mais qui n’ont dérangé personne — notamment les médecins de leurs pays — car, selon lui, les praticiens américains savent qu’il s’agit de fiction et non de réalité, « et je pense que tous les médecins du monde le savent aussi », conclut-il.
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Opinion des téléspectateurs
Les téléspectateurs des séries du Ramadan se sont divisés sur les réseaux sociaux : certains y voient une histoire inspirée de faits réels traitée avec un langage cinématographique, tandis que d’autres ont critiqué le contenu, le jugeant attentatoire au bon goût et empreint de superficialité.
D’après plusieurs publications observées en ligne, l’opinion majoritaire semble toutefois pencher vers l’idée que l’œuvre n’est pas offensante pour les médecins ni pour leur statut social, mais qu’elle aborde plutôt des questions sociales qu’on ne peut ignorer artistiquement.
Plainte du SNPSP
Pour rappel, le SNPSP a réclamé dans sa plainte l’intervention du président de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel en raison de ce qu’il considère comme « la diffusion de scènes attentatoires à la pudeur et à la réputation du corps médical » dans une série télévisée ramadanesque.
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Selon le texte de la plainte, signé par le président du syndicat Lyes Merabet, « l’objet concerne un épisode de la série “El-Mouhadjir” dont les événements se déroulent à l’hôpital de Kouba à Alger, où une séquence montre un comportement professionnel inacceptable d’un médecin harcelant une patiente sur son lieu de travail pendant l’exercice de ses fonctions, ce qui contredit l’éthique médicale et renvoie au public une image négative du corps médical ».
Le syndicat a précisé qu’il « ne nie pas l’existence de tels comportements déviants et inacceptables dans le secteur de la santé et dans d’autres professions », mais rejette ce qu’il qualifie de « promotion du vice durant le mois sacré de Ramadan à travers un programme télévisé utilisant la qualité de médecin dans une atteinte manifeste à la noblesse de ce statut ».
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