Otmane Aïssaoui, à la tête de l’Union des musulmans des Alpes-Maritimes, a déposé plainte pour diffamation contre Gilbert Collard, le magazine Frontières et la chaîne CNews. Cette action en justice fait suite à des accusations le présentant comme un proche des Frères musulmans cherchant à orienter le vote musulman à Nice.
Dénonçant une mise en cause politique, l’imam niçois Otmane Aïssaoui porte plainte contre CNews, le magazine Frontières et Gilbert Collard. Il rejette les allégations de complicité électorale avec le maire de Nice et les accusations d’appartenance au mouvement des Frères musulmans, dénonçant un usage abusif de l’image de la communauté musulmane en France.
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« Ils ont instrumentalisé la communauté musulmane »
Le président de l’Union des musulmans des Alpes-Maritimes nie ces accusations en bloc. « Je suis président d’une communauté musulmane assez grande. Ils sont très intelligents et ils voteront qui ils veulent », tranche Otmane Aïssaoui, avant d’ajouter : « Il y a des musulmans qui voteront Ciotti, des musulmans qui voteront Estrosi, des musulmans qui voteront la gauche. Il n’y a aucun problème. Comme dans toutes les communautés religieuses. Chacun est libre. »
L’imam de la mosquée Ar-Rahma fustige une manœuvre politique visant à discréditer Christian Estrosi en le présentant comme l’élu d’une seule communauté. Selon lui, la communauté musulmane a été délibérément instrumentalisée à des fins partisanes. Il appelle désormais à un retour au calme et à la « sérénité » dans le débat public.
Le responsable religieux termine sur une note de concorde, exprimant son souhait de voir le mois de Ramadan s’achever dans l’allégresse et l’unité citoyenne. « Nous sommes des amis, des frères », insiste-t-il. Ce climat de fraternité sera mis en pratique dès ce vendredi, puisque environ 7 000 fidèles se rassembleront au Palais des expositions de Nice pour célébrer l’Aïd-el-Fitr.
Polémique lors de la célébration de l’Aïd el-Fitr à Nice
Cette plainte fait également suite à une polémique entre l’Union des musulmans des Alpes-Maritimes et Christian Estrosi. Alors que les organisateurs affirment avoir refusé l’accès au maire pour éviter toute récupération politique, la municipalité soutient qu’il était invité et a pu échanger avec les fidèles à l’entrée.
L’imam Otmane Aïssaoui a fermement rappelé le caractère strictement apolitique de la prière, insistant sur la liberté de vote des musulmans. Il justifie l’absence d’élus par une volonté de protéger le culte des tensions électorales et de l’instrumentalisation médiatique.
Cet incident illustre le climat électrique à Nice, où les questions de laïcité et d’identité saturent le débat public. Il souligne la volonté des responsables religieux de marquer une rupture nette avec les stratégies politiques locales à l’approche des municipales.
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