Entre janvier et septembre 2025, la capitale a utilisé 1,3 million de mètres cubes d’eaux épurées pour arroser ses espaces verts. Une ressource abondante, moins coûteuse que l’eau conventionnelle et naturellement riche en nutriments, dont le potentiel agricole commence à être exploité à plus grande échelle.
Le Salon SIEE-Pollutec, tenu hier à la Safex, a mis en lumière les avancées de la Seaal, gestionnaire des neuf stations d’épuration des wilayas d’Alger et de Tipasa.
1,3 million de mètres cubes d’eaux traitées mobilisés pour l’irrigation des espaces verts d’Alger
Sofiane Heraoui, directeur de l’assainissement de la Seaal pour la wilaya d’Alger, a précisé lors d’une conférence sur les solutions technologiques pour le traitement des eaux agricoles que ce volume a été utilisé uniquement sur neuf mois, dans le cadre d’un programme de la wilaya. Plusieurs stations ont été équipées de technologies de désinfection aux ultraviolets pour garantir la qualité de l’eau produite.
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La purification passe par plusieurs étapes. Traitement sur sable, puis désinfection au chlore ou aux ultraviolets, parfois les deux simultanément. Ce procédé détruit les microorganismes pathogènes et prévient la formation de bactéries sur les longues distances que parcourt l’eau pompée.
Des tests agricoles en cours à Réghaïa avec l’Onid, et un partenariat commercial déjà actif à Chéraga
Depuis le début de l’année, la Seaal mène avec l’Onid des tests sur des parcelles agricoles à Réghaïa, afin d’évaluer les possibilités d’une irrigation à plus grande échelle. Un premier débouché commercial existe déjà, une partie des eaux traitées par la station de Aïn Benian, d’une capacité de 17 000 mètres cubes par jour, alimente la pépinière Garden de Chéraga.
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Les résultats sont jugés concluants par Sofiane Heraoui : «C’est une eau largement disponible pour les exploitations». «Moins chère, en plus d’être chargée en nutriments, azote et phosphore».
La Seaal réinjecte par ailleurs des eaux traitées issues de Oued El-Harrach et alimente les deux lacs artificiels du parc Dounia, à Dély Ibrahim.
Une réglementation stricte, mais une méfiance des consommateurs qui freine le développement des eaux usées traitées en agriculture
Sur le plan légal, Sofiane Heraoui indique que «la loi algérienne est encore plus exigeante qu’en Europe». Notamment pour le contrôle des concentrations bactériennes. Reste un obstacle, la perception du public. «C’est un débat à lancer, l’utilisation de l’eau retraitée ne pose aucun problème pour les agriculteurs. Mais les consommateurs sont parfois réticents», reconnaît-il.
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Enfin, le potentiel national est significatif. L’Algérie traite près de «600 millions de mètres cubes» par an. Les experts estiment que ce volume pourrait être doublé au profit de l’agriculture, à condition de construire de nouvelles stations. Notamment dans la Mitidja, et de déployer un réseau de canalisations vers les zones agricoles de la wilaya d’Alger.
