Plus de 200 mds de fonds détournés : 20 ans de prison confirmés contre les frères Aissiou

Plus de 200 mds de fonds détournés : 20 ans de prison confirmés contre les frères Aissiou
La Cour d’Alger

La Cour d’Alger a confirmé, ce dimanche, de lourdes peines dans une affaire de corruption financière liée au frères Aissiou, anciens propriétaires de la chaîne de télévision privée « El-Djazaïria One », actuellement en fuite à l’étranger, a-t-on appris du média « Ennahar ».

La Cour a ainsi entériné le verdict rendu le 17 décembre 2025 par le pôle pénal spécialisé dans les affaires de corruption près le tribunal de Sidi M’hamed. Dans ce jugement, les deux principaux accusés, Ayoub et Ibrahim Hamza Aissiou, avaient été condamnés à des peines de 20 et 15 ans de prison ferme, assorties chacune d’une amende de 8 millions de dinars. Une autre accusée en fuite, Yasmine Ould Zemirli, est également concernée par les poursuites judiciaires dans cette affaire.

🟢 À LIRE AUSSI : Scandale des conteneurs suspects : lourdes peines contre les accusés

Selon la même source, la juridiction d’appel a également confirmé la condamnation du beau-père des deux hommes d’affaires, « B. Ould-Zemirli », actuellement détenu à l’établissement pénitentiaire de Koléa. Ce dernier a écopé d’une peine de sept années de prison ferme, accompagnée d’une amende de 8 millions de dinars.

Toutefois, la Cour d’Alger a partiellement modifié le jugement dans son volet civil en ordonnant la levée de la saisie sur un appartement appartenant à la plaignante Belgharbi Farida, tandis que les autres demandes ont été rejetées pour absence de fondement juridique. Les exceptions de procédure soulevées par la défense lors de la précédente audience ont également été rejetées par la Cour.

Origine de l’affaire

L’affaire trouve son origine dans une vaste enquête judiciaire ouverte contre les frères Aissiou et plusieurs sociétés leur appartenant. Les investigations menées par les autorités ont mis en lumière un système complexe de détournement de fonds, de transferts illégaux de capitaux vers l’étranger et de vente clandestine d’équipements placés sous saisie judiciaire.

Selon les conclusions de l’enquête, des équipements appartenant à des entreprises saisies par la justice ont été vendus illicitement. Parmi les biens concernés figurent notamment le matériel d’une usine sidérurgique située dans la wilaya de M’sila, les équipements d’une autre installation industrielle à Ouled-Chebel, ainsi que le matériel appartenant à la chaîne de télévision « El-Djazaïria One ». Les fonds générés par ces ventes ont été ensuite transférés à l’étranger au profit des frères Aissiou après leur fuite hors du territoire national.

Les expertises et les commissions rogatoires réalisées dans le cadre de l’instruction ont également révélé que les sociétés appartenant aux deux hommes d’affaires auraient été utilisées comme des instruments de détournement et de transfert illicite de capitaux. Les enquêteurs estiment que les accusés ne passaient presque jamais par les circuits financiers officiels, malgré les revenus importants générés par leurs activités.

🟢 À LIRE AUSSI : Contrôle des produits importés : un nouveau dispositif déjà mis en place dans différents ports d’Algérie

Conclusion et amendes imposées

Le parquet a par ailleurs indiqué que plusieurs sociétés impliquées dans ce dossier servaient à détourner et à blanchir des fonds issus de crédits accordés dans le cadre de programmes d’investissement. Ces capitaux ont été ensuite utilisés pour acquérir d’autres entreprises en Algérie et à l’étranger. Les sociétés importaient également du matériel sous couvert d’investissements productifs afin de bénéficier d’avantages fiscaux et douaniers ainsi que d’exonérations. Les investigations ont révélé que le montant des fonds détournés dépasserait les 200 milliards de centimes.

Dans ce dossier, les frères Aissiou ainsi que plusieurs autres personnes sont poursuivis pour de nombreuses infractions graves. Il s’agit notamment de la violation de la législation relative aux changes et aux mouvements de capitaux, blanchiment d’argent, abus des facilités accordées par l’activité commerciale, émission de chèques sans provision, financement occulte de partis politiques et dissimulation de revenus issus de la corruption. Les faits sont également qualifiés de blanchiment de produits d’origine criminelle dans le cadre d’une organisation criminelle structurée.

Enfin, et selon toujours « Ennahar », la Cour d’Alger a confirmé l’amende infligée aux personnes morales impliquées dans l’affaire. Les sociétés appartenant aux frères Aissiou ont été condamnées à verser une amende globale de 32 millions de dinars. Cette décision judiciaire s’inscrit dans le cadre des efforts des autorités algériennes pour lutter contre la corruption et les transferts illicites de capitaux.

🟢 À LIRE AUSSI : « Un peuple de cafards » : grave dérapage contre l’Algérie en France, un sénateur s’indigne