PLF 2027 devant l’APN : les chiffres clés présentés par le ministre des Finances

Devant les députés de l’Assemblée populaire nationale, le ministre des Finances Mohamed Lamine Lebbou a dévoilé l’architecture du projet de loi de finances 2027.
Deux annonces retiennent l’attention : une croissance espérée à 4,2 % et le maintien, jusqu’au 31 décembre 2029, de l’exonération de TVA qui s’applique à une série de denrées alimentaires. Le ministre a placé cette feuille de route dans un environnement mondial qu’il qualifie d’instable, entre tensions géopolitiques, inflation persistante et marchés énergétiques imprévisibles.
Le PLF 2027 affiche une croissance de 4,2 % et des recettes en hausse
Les projections budgétaires présentées en séance publique tablent sur plus de 9 251,1 milliards de dinars de recettes pour l’exercice 2027. Côté dépenses, le texte retient 17 251,6 milliards en autorisations d’engagement, pour 17 882,6 milliards en crédits de paiement. Un volume financier considérable, qui confirme les équilibres déjà esquissés lors des premières présentations du texte.
Ces arbitrages avaient été rendus publics par étapes. Dès la fin septembre, l’exécutif avait validé les orientations générales du budget, dont les grands axes du PLF 2027 dévoilés par le gouvernement plaçaient déjà la diversification productive au premier rang des priorités. Le document soumis aux parlementaires reprend cette logique.
Huit chantiers structurent le projet. Le gouvernement veut encourager l’investissement productif, élargir l’assiette fiscale, alléger les procédures administratives, muscler la transparence fiscale et renforcer la traque de la fraude. S’y ajoutent des dispositions douanières ainsi qu’un volet consacré aux biens relevant du domaine de l’État.
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L’exonération de TVA prolongée sur les produits alimentaires jusqu’en 2029
C’est la mesure la plus directement perceptible pour les ménages. Le texte reconduit pour trois années supplémentaires la suspension de la taxe sur la valeur ajoutée visant plusieurs catégories de denrées. Sont concernés les légumes secs, aussi bien à l’importation qu’à la revente, ainsi que les fruits et légumes frais issus de la production nationale.
La mesure englobe également les œufs destinés à la consommation, le poulet de chair et la dinde, à condition qu’ils proviennent d’élevages locaux. Cette orientation prolonge l’effort engagé sur le front du soutien au pouvoir d’achat des Algériens en 2027, avec des transferts sociaux chiffrés à plus de 2 400 milliards de dinars.
Le directeur général des Impôts, Djamel Hanich, avait déjà balayé toute crainte d’alourdissement fiscal, assurant qu’aucune hausse d’impôt ne figure dans le projet. Une ligne que le ministre a confirmée devant les élus, insistant sur la protection du pouvoir d’achat comme fil conducteur du texte.
La télédéclaration devient obligatoire pour les contribuables de l’IFU
Sur le plan administratif, une nouveauté change la routine de milliers de petits commerçants et artisans. Les assujettis à l’impôt forfaitaire unique devront désormais effectuer leurs déclarations et leurs règlements exclusivement en ligne. Fini le déplacement au guichet pour cette catégorie de contribuables.
Cette bascule numérique s’inscrit dans la volonté affichée de moderniser l’administration fiscale. Elle doit aussi améliorer le recouvrement et réduire les marges d’évasion, un objectif martelé par le ministère des Finances ces derniers mois. D’autres dispositions du texte touchent les automobilistes et les candidats au logement, comme le détaillent les changements prévus sur la vignette et l’AADL 3.
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Le bilan 2026 sert de socle aux projections du budget 2027
Avant de se projeter, le ministre a dressé le bilan estimé de l’exercice en cours. La croissance pour 2026 devrait avoisiner 4,3 %, portée principalement par les activités hors hydrocarbures, en progression de 4,8 %. Le secteur pétrolier et gazier, lui, repasserait en territoire positif avec une hausse limitée à 1 %.
Les recettes budgétaires de 2026 franchiraient la barre des 8 611 milliards de dinars. Les dépenses, elles, dépasseraient 17 636 milliards tout en demeurant contenues dans les plafonds fixés par la loi de finances en vigueur. Des chiffres qui servent de base de comparaison aux ambitions affichées pour l’année suivante.
Sur la question sensible des carburants, le ministre avait auparavant tenu à dissiper les inquiétudes. Le mécanisme inscrit dans le texte autorise un ajustement dans les deux sens, et aucune hausse automatique du prix à la pompe n’est programmée à ce stade.
Le texte reste entre les mains des députés avant le vote
Rien n’est définitif. Le projet poursuit son parcours parlementaire et les élus peuvent encore amender plusieurs de ses articles. Les montants annoncés, tout comme certaines dispositions techniques, sont susceptibles de bouger avant l’adoption finale.
Le calendrier fixé prévoit un débat général étalé sur plusieurs journées, suivi des réponses du gouvernement, avant le scrutin décisif. Les Algériens suivront particulièrement le sort réservé aux augmentations de salaires, intégrées au budget sur instruction du président de la République.
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