Pièces du patrimoine algérien détenues en France: Macron veut « tout rendre »

mercredi 21 novembre 2018 à 14:52
Source de l'article : Lexpressiondz.com

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Quelque 158 objets appartenant à l’Algérie sont conservés en France, dont le mythique canon «Baba Merzoug».

Le rapport Sarr-Savoy sur la restitution d’oeuvres d’art aux pays d’Afrique, commandé par Emmanuel Macron en 2017 à l’historienne de l’art Bénédicte Savoy et à l’universitaire et écrivain sénégalais Felwine Sarr, préconise «de tout rendre à l’Afrique dont l’Algérie», rapporte dans son édition d’hier le site Le point.
Ce rapport sur les butins de guerre liés aux conquêtes militaires de la fin du XIXe siècle a été achevé et doit être remis vendredi prochain à l’Elysée à l’intention du président Emmanuel Macron», a annoncé ce lundi la maison d’édition Philippe Rey. Il faut rappeler que quelque 158 objets appartenant au patrimoine mémoriel de l’Algérie sont conservés en France, depuis l’époque coloniale.
Parmi ces objets précieux figure le mythique canon surnommé «Baba Merzoug». Ce dernier pèse 12 tonnes, et sa longueur est de 7 mètres. Il s’agit d’un butin de guerre qui fut ramené le jour même de la prise d’Alger, le 5 juillet 1830, par l’amiral Guy Duperré. Il se trouve depuis 1833 érigé en colonne dans la cour de l’arsenal de Brest.
Par ailleurs, cette demande présidentielle s’inscrit, selon les auteurs du rapport, en droite ligne des déclarations d’Emmanuel Macron en Algérie sur la colonisation qualifiée de «crime contre l’humanité».

Selon l’ AFP, cette promesse de restitution a provoqué un malaise dans les milieux des musées et galeries. Beaucoup d’entre eux espèrent que le président tempèrera les propositions les plus radicales concernant la règle de la restitution. Certains musées ont de très importantes collections africaines. A titre de rappel, le 28 novembre 2017, le président avait annoncé la mise en oeuvre dans un délai de cinq ans de restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique. «Le patrimoine africain (…) doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, Lagos, Cotonou (…) Ce sera l’une de mes priorités. D’ici cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l’Afrique», avait-il dit dans son discours à l’université de Ouagadougou. Ce rapport est attendu avec inquiétude, selon l’éditeur Philippe Rey, qui en publiera le contenu le 27 novembre en partenariat avec le Seuil.

Ce rapport «raconte les spoliations à travers l’histoire mondiale, évalue la part de la France, dresse un premier inventaire des oeuvres spoliées, fait le récit des tentatives des pays africains pour se réapproprier leur patrimoine, analyse les questions juridiques qui se posent, et énonce un certain nombre de recommandations pratiques pour la mise en oeuvre des restitutions». «On compte actuellement dans les collections publiques françaises au moins 88.000 objets provenant de l’Afrique subsaharienne», affirme l’éditeur dans sa présentation de l’ouvrage, qui souligne les «nombreuses réclamations de pays africains depuis les indépendances».

Les experts ne s’accordent pas entre eux sur ce qu’on doit entendre comme spoliations lors de la colonisation, craignent des surenchères politiques et soulignent la difficulté de restituer des oeuvres quand les royaumes et les pays qui les possédaient ont disparu.

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