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« Voiture 100 % algérienne » : où en est la production locale des pièces automobiles ?

« Voiture 100 % algérienne » : où en est la production locale des pièces automobiles ?
Farid Kourtel

Le ministre de l’Industrie a inspecté trois unités industrielles à Aïn M’lila, spécialisées dans la fabrication de pièces de rechange, de produits plastiques et caoutchoucs, ainsi que de filtres pour véhicules. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du soutien à la sous-traitance industrielle et du renforcement de l’intégration locale, en vue du développement d’une industrie automobile nationale.

Le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, a effectué jeudi une visite d’inspection au niveau de trois entreprises industrielles situées dans la commune d’Aïn M’lila, dans la wilaya d’Oum El Bouaghi.

Ces entités opèrent dans la fabrication de pièces détachées automobiles, d’articles en plastique et en caoutchouc, ainsi que de filtres pour véhicules. L’objectif recherché : promouvoir la production locale, dynamiser la sous-traitance et réduire la dépendance vis-à-vis des importations.

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Cette visite s’inscrit pleinement dans la dynamique visant à poser les jalons d’une industrie automobile algérienne appuyée sur des composants fabriqués localement. Une orientation stratégique qui fait écho aux déclarations du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, prévoyant la sortie de chaîne de la première voiture entièrement algérienne d’ici la fin de l’année 2028.

Des usines locales pour couvrir une part du marché national

La tournée ministérielle a débuté par la visite de l’unité « FORCE PLASTIQUE », spécialisée dans le recyclage du plastique et la transformation de produits plastiques et caoutchoucs. Générant 82 emplois directs, cette structure couvre près de 76 % des besoins du marché national, avec un taux d’intégration locale oscillant entre 80 % et 100 %, selon le communiqué du ministère de l’Industrie.

L’entreprise fabrique une gamme variée de composants automobiles, notamment des bacs et couvercles de batteries, des accessoires plastiques ainsi que diverses pièces en caoutchouc, contribuant ainsi à l’approvisionnement du marché local en équipements essentiels.

Dans un second temps, le ministre s’est rendu au sein de l’entreprise « ABS AUTO PARTS », dédiée à la fabrication de plaquettes et garnitures de freins pour véhicules. Fruit d’un investissement de 100 millions de dinars, cette unité affiche une capacité de production annuelle de 720 000 jeux de freins, répondant à près de 60 % de la demande nationale. La société ambitionne de porter ses effectifs de 22 à 70 salariés d’ici janvier 2027.

La troisième étape a été marquée par l’inauguration, par M. Kourtel, de la SARL « PIONEER FILTER », spécialisée dans la fabrication de filtres pour automobiles et équipements industriels. Affichant une capacité de production de 3 000 unités par jour, cette usine emploie 37 personnes et accueille également des étudiants universitaires dans le cadre de stages pratiques.

Réduction des importations et préparatifs pour la voiture algérienne

Au terme de la visite de ces infrastructures, le ministre de l’Industrie a insisté sur la nécessité d’accroître les capacités de production, d’élever les standards de qualité et de garantir des prix compétitifs. Il a également appelé à une utilisation accrue des matières premières locales et au renforcement du taux d’intégration ainsi que de la sous-traitance industrielle.

M. Kourtel a encouragé l’extension des investissements et la diversification des produits destinés au secteur automobile, tout en incitant les opérateurs à prospecter les marchés extérieurs en vue d’exporter. Il a, par ailleurs, réaffirmé l’engagement des autorités à accompagner les investisseurs et à alléger les démarches administratives pour concrétiser ces projets.

Ces orientations visent à constituer un tissu industriel national solide, capable d’approvisionner le marché local en composants automobiles, d’alléger la facture des importations et de renforcer la contribution du secteur industriel à l’économie nationale.

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Pour rappel, le Président Abdelmadjid Tebboune avait déclaré lors d’une rencontre avec des acteurs économiques : « Nous prévoyons de concevoir une voiture algérienne d’ici la fin de l’année 2028, intégrant des composants fabriqués localement, qu’il s’agisse de la carrosserie ou du moteur. »

La réalisation de cet objectif représente un défi majeur : il implique de structurer un réseau dense de PME locales en capacité de fournir des pièces de rechange et des composants répondant aux exigences strictes des constructeurs en matière de qualité, de volume et de coût.

Huiles de moteur et lubrifiants

En quatrième étape de sa tournée, le ministre a présidé l’inauguration d’une unité de fabrication et de conditionnement d’huiles de moteur dépendant de l’entreprise « IK OIL », située également à Aïn M’lila. Cet investissement vise à renforcer l’offre nationale, réduire l’impact des importations, créer de nouveaux emplois et accroître les capacités de production de l’entreprise.

À cette occasion, M. Kourtel a souligné l’importance de moderniser la filière des lubrifiants et d’élever la qualité de la production nationale pour répondre aux exigences du marché tout en ouvrant des perspectives à l’exportation.

Relance du foncier et des usines à l’arrêt

La délégation ministérielle s’est ensuite rendue dans la commune de Meskiana pour inspecter le site foncier industriel de l’ancienne entreprise dissoute « EX-ELATEX ». Le ministre y a ordonné le lancement d’une étude d’évaluation de l’état des structures et des équipements en place, afin d’étudier les possibilités de leur réhabilitation pour l’accueil de nouvelles activités industrielles.

Cette démarche s’inscrit dans la politique de revalorisation des actifs industriels inexploités en vue de leur réintégration dans le circuit économique national pour relancer l’emploi et l’activité régionale.

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Enfin, la dernière étape de la visite a mené le ministre dans la zone industrielle de la commune d’Aïn Beïda. Sur place, M. Kourtel a appelé à traiter rigoureusement le dossier des assiettes foncières attribuées mais restées non exploitées, réclamant l’application des procédures légales pour leur récupération et leur réattribution à des porteurs de projets effectifs.

Ces mesures visent à assainir la gestion du foncier industriel et à mettre des terrains à disposition d’investisseurs capables de concrétiser des projets créateurs de valeur et d’emplois à l’échelle de la wilaya.

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Amina Aouadi

Journaliste – Analyse, économie et société

Amina Aouadi est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360, spécialisée dans les analyses de l'actualité économique et les grands sujets de société.

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