Alors que les tensions s’intensifiaient au Moyen-Orient en fin de mois de février 2026, faisant trembler les détroits stratégiques, une révolution s’est produite dans la hiérarchie du marché pétrolier.
Le Sahara Blend, fleuron de l’industrie algérienne, a non seulement surfé sur la vague haussière, mais a carrément coiffé au poteau tous ses concurrents arabes pour s’offrir la place de brut le plus cher de la catégorie. Envoyant un signal fort aux marchés.
Dans un contexte mondial où chaque baril devient un enjeu de puissance, l’Algérie tire son épingle du jeu avec un brut léger et doux dont la prime de qualité n’a jamais été aussi éclatante.
Le marché pétrolier secoué : la prime à la qualité algérienne
Selon le dernier rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dont les données ont été compilées ce jeudi, le Sahara Blend a atteint un prix moyen de 73,59 dollars le baril en février. C’est une augmentation de 5,86 dollars par rapport au mois de janvier, où il s’établissait à 67,73 dollars. Cette performance propulse le brut algérien en tête du classement des huiles africaines et arabes, devançant des références comme le libyen Es Sider ou le bonny light nigérian.
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Cette flambée des prix n’est pas un phénomène isolé, mais elle profite inégalement aux producteurs. La crainte d’une perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz et d’une contagion du conflit à l’ensemble du Golfe a fait flamber les cours. Dans ce climat d’incertitude, la qualité supérieure du Sahara Blend (sa faible teneur en soufre et son rendement élevé en produits légers) devient un argument de vente irrésistible pour les raffineries européennes et asiatiques en quête de sécurité d’approvisionnement et de rentabilité.
Le tableau de bord de l’OPEP pour février 2026 est sans appel. Tous les bruts de la région ont bénéficié de la hausse, mais aucun n’a dépassé la barre symbolique des 73 dollars tenue par l’Algérie.
Évolution des principaux bruts en février 2026 (en dollars/baril) :
- Sahara Blend (Algérie) : 73,59 (+5,86)
- Bonny Light (Nigeria) : 71,96 (+4,30)
- Es Sider (Libye) : 71,14 (+4,36)
- Rabi Light (Gabon) : 70,63 (+4,36)
- Murban (Émirats Arabes Unis) : 69,45 (+5,46)
- Arab Light (Arabie Saoudite) : 68,40 (+5,56)
- Dubai (Émirats) : 68,26 (+6,19)
- Basrah Medium (Irak) : 66,77 (+5,49)
- Koweït Export (Koweït) : 66,61 (+5,89)
- Iran Heavy (Iran) : 66,59 (+5,72)

Pétrole : des cours qui s’emballent au-delà des 90 dollars
Derrière ce réajustement des valeurs relatives, c’est tout le marché mondial qui a connu une secousse tellurique. Le rapport de l’OPEP souligne que le prix moyen du panier de l’organisation (ORB) s’est hissé à 67,90 dollars, contre 62,31 dollars en janvier, soit une progression de 5,59 dollars. Cette tendance haussière s’est même accélérée après la période couverte par le rapport. Les contrats à terme ont littéralement décollé, portés par les craintes d’une guerre ouverte.
Aujourd’hui, les investisseurs spéculent sur des perturbations majeures de l’offre. Les cours du Brent de la mer du Nord ont dépassé les 90 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain évolue au-dessus des 86 dollars. Plus frappant encore, des sources de marché rapportent des pics d’activé ayant vu le Brent franchir un instant la barre des 119 dollars le lundi précédant la publication du document, illustrant la nervosité extrême des marchés.
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Ce contexte de prix élevés et de volatilité fait du Sahara Blend un atout stratégique majeur pour l’Algérie. En offrant une qualité supérieure dans un marché où la stabilité des flux est menacée, le pays s’assure non seulement des recettes records, mais aussi une visibilité et une attractivité renforcées auprès des acheteurs internationaux, traditionnellement captifs des bruts plus lourds du Golfe ou d’autres provenances.
