Petkovic refuse de partir : voilà comment Sadi compte le pousser vers la sortie

Petkovic refuse de partir : voilà comment Sadi compte le pousser vers la sortie
Le président de la FAF Walid Sadi en discussion avec le sélectionneur national Vladimir Petkovic au CTN lors du regroupement des Verts

Rentré en Suisse après l’élimination des Verts face à la Nati au Mondial 2026, Vladimir Petkovic a opéré un spectaculaire revirement. Celui qui semblait prêt à tourner la page a finalement décidé de rester, transformant un départ quasi acté en bras de fer contractuel. C’est ce que Walid Sadi a exposé en détail devant les membres du Bureau fédéral, dont la réunion a eu lieu dans la soirée de samedi dernier.

Petkovic passe de la résignation à la résistance

Immédiatement après la défaite contre la Suisse (2-0), le sélectionneur national avait affiché un moral en berne. Sadi l’a décrit au membres du BF comme « frustré » et « peu enthousiaste » à l’idée de poursuivre sa mission, rapporte le média El-Khabar. Des jets de bouteilles de la part de certains supporters au sortir du match avaient visiblement laissé des traces. À ce stade, un départ à l’amiable paraissait négociable.

Mais la donne a changé une fois Petkovic de retour sur sol helvétique. Loin de l’agitation algéroise, il a informé Sadi de sa décision finale : il ne partirait pas. La raison invoquée ? Une campagne médiatique qu’il juge injuste et disproportionnée. Ciblé par des accusations relayées sur plusieurs chaînes et sites, le technicien bosnien estime avoir atteint les objectifs qui lui ont été assignés. Ce sentiment d’être injustement attaqué l’a, paradoxalement, convaincu de rester pour « relever le défi ».

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Un contrat jusqu’en 2028 : la FAF prisonnière de sa propre décision

La position de Petkovic est désormais limpide. Il a signifié à Sadi qu’il n’abandonnerait pas son poste de son plein gré, ajoute la même source. Si la Fédération algérienne de football souhaite mettre fin à la collaboration, elle devra s’acquitter de l’intégralité des sommes dues jusqu’au terme du contrat, soit juillet 2028. Rémunéré à 130 000 euros  par mois (selon El-Khabar) selon les informations disponibles, le coût d’un licenciement sec serait astronomique pour les caisses fédérales.

Le premier responsable à l’instance fédérale a bien évoqué l’existence d’une clause permettant une rupture anticipée moyennant trois mois d’indemnités seulement. Sauf que plusieurs membres du Bureau fédéral n’ont pas semblé convaincus par cet argument. Leur lecture est différente : une telle clause ne peut s’activer que dans le cadre d’un accord mutuel. Sans le consentement de Petkovic, elle reste lettre morte. Le paradoxe est cruel pour la FAF, car c’est Sadi lui-même qui avait prolongé le technicien quelques semaines avant le Mondial, dans un contexte de prolongation de contrat validée en avril 2026.

La stratégie de Sadi : pression et rapport technique

Face à ce mur, Walid Sadi a présenté une feuille de route en deux temps. Premier scénario : si le rapport de la commission technique nationale, chargée d’évaluer la participation des Verts au Mondial, recommande un changement de sélectionneur, la FAF tentera d’abord de négocier un départ à l’amiable. Second scénario, en cas de refus de Petkovic : une série de mesures de pression seront enclenchées pour le pousser à démissionner lui-même.

Parmi ces mesures, le président de la FAF a cité l’obligation pour Petkovic de résider et de travailler en Algérie, ainsi que le limogeage de ses assistants étrangers. Sur ce dernier point, il a été explicite : il n’est pas satisfait du niveau des collaborateurs du sélectionneur. Cette réunion du Bureau fédéral du 12 juillet n’avait débouché sur aucune décision concrète, mais les révélations sur son contenu interne éclairent désormais l’ampleur du blocage.

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Anthar Yahia comme adjoint, une piste qui résiste

Qu’il reste ou qu’il parte, Petkovic ne sera plus seul à la tête du staff. Sadi a annoncé son intention de nommer un adjoint algérien issu des anciens internationaux à double nationalité, ajoute El-Khabar. Sans citer de nom explicitement, les indices pointent vers Anthar Yahia. La justification avancée est révélatrice : selon Sadi, plusieurs joueurs binationaux auraient été « hors de contrôle » durant le Mondial. Un encadreur ayant vécu la même trajectoire personnelle pourrait, selon lui, améliorer la communication au sein du groupe et renforcer la discipline collective.

Cette piste avait pourtant semblé s’essouffler début juillet. La FAF estimait alors qu’Anthar Yahia manquait encore d’expérience pour gérer seul un vestiaire sous haute pression internationale. Son positionnement comme adjoint, plutôt que comme sélectionneur principal, semble être le compromis retenu pour concilier légitimité populaire et prudence institutionnelle.

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