Certains exportaient pour ne jamais rapatrier leurs recettes. D’autres fragmentaient leurs opérations pour échapper aux contrôles. D’autres encore stockaient des produits importés en attendant que les prix grimpent. Le ministère du Commerce extérieur a pris note. Dès le 1er juillet, quatre nouvelles règles ferment ces brèches. Samir Derradji, directeur général de la promotion des exportations, en a détaillé le contenu sur la Radio nationale.
Produits périssables à l’export : la domiciliation bancaire ne peut plus attendre l’expédition
Les exportateurs de produits frais bénéficiaient jusqu’ici de la domiciliation bancaire après l’envoi de la marchandise. Une souplesse pensée pour accélérer les délais logistiques, mais que certains ont transformée en vide juridique permanent.
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Les enquêtes internes du ministère ont mis au jour un schéma récurrent. Des opérateurs expédiaient leurs produits, ne revenaient jamais régulariser les formalités bancaires, et les recettes d’exportation ne rentraient jamais en Algérie. «Tout opérateur souhaitant réaliser une nouvelle expédition devra impérativement présenter la facture domiciliée de l’opération précédente», a annoncé Derradji. Pas de régularisation, pas d’exportation ; la règle ne laisse plus de marge.
Exportations inférieures à 100 000 DA : l’exemption de domiciliation bancaire disparaît
Les petites exportations (celles dont la valeur ne dépasse pas 100 000 dinars) échappaient à l‘obligation de domiciliation bancaire. Un allègement administratif qui visait à fluidifier les échanges de faible valeur, mais que des opérateurs ont détourné avec méthode. En découpant notamment une exportation importante en plusieurs petites opérations pour passer sous le seuil et contourner les contrôles.
«À partir du 1er juillet, ces exportations seront soumises à une autorisation préalable du ministère du Commerce extérieur», a précisé Derradji. Chaque opération, aussi modeste soit-elle en apparence, passera désormais par un visa administratif avant tout départ de marchandise.
Sous-facturation à l’export : les producteurs valident les prix avant l’embarquement
Le troisième volet vise les traders et intermédiaires qui achètent des produits auprès de producteurs algériens pour les exporter. Ces opérateurs déclaraient à l’administration des prix d’exportation bien inférieurs à la valeur réelle des marchandises. La différence restait à l’étranger, sur des comptes que les autorités algériennes ne pouvaient pas atteindre.
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«Ce procédé permettrait de maintenir à l’étranger une partie des recettes qui auraient normalement dû être rapatriées en Algérie», a affirmé le directeur général. Le ministère a décidé que tout intermédiaire doit obtenir du producteur une validation écrite du prix de vente avant toute exportation. Cette obligation couvre les filières agricoles, agroalimentaires et industrielles. Le producteur connaît la valeur de ce qu’il vend, son accord rend toute manipulation de la facture beaucoup plus difficile à dissimuler.
Importations pour revente : les circuits de distribution déclarés à l’avance
La quatrième mesure porte sur les importations destinées à la revente en l’état. Les pouvoirs publics ont observé deux pratiques qui perturbent régulièrement le marché national. Des importateurs qui retardent volontairement la mise en vente de leurs produits pour profiter d’une hausse des prix, et des situations de pénurie artificielle qui touchent certains segments du marché de façon répétée.
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Pour y mettre fin, chaque importateur devra transmettre à l’administration un plan détaillé précisant les lieux de stockage, les circuits de distribution prévus et les destinations commerciales des marchandises. Cette disposition, élaborée avec le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, permettra aux autorités de détecter en amont les comportements spéculatifs, avant que les rayons ne se vident.
