Pénurie d’extincteurs : un député saisit Sayoud pour geler l’amende de 4 000 DA

Un élu de l’Assemblée populaire nationale demande aux autorités de lever temporairement les sanctions frappant les conducteurs dépourvus d’extincteur.
Dans un courrier transmis le 27 septembre au ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et Transports, le député Bachir Brahmi soulève un paradoxe devenu quotidien pour des milliers d’Algériens : la loi exige un équipement que le commerce ne fournit plus.
Les automobilistes verbalisés s’acquittent de 4 000 dinars pour une pièce qu’ils cherchent parfois depuis des semaines.
Une pénurie d’extincteur automobile qui rend la loi inapplicable
Le constat dressé par le parlementaire tient en une phrase : impossible de respecter une obligation quand l’objet concerné a disparu des étals.
Les stocks se sont volatilisés presque partout, et les modèles répondant aux normes exigées manquent cruellement dans les commerces spécialisés. Cette situation place le conducteur dans une impasse totale.
Depuis que les nouvelles dispositions du code de la route sont entrées en application, la ruée vers cet accessoire a littéralement vidé les magasins.
Un emballement qui a aussi nourri une spéculation féroce : les tarifs de l’extincteur ont explosé jusqu’à 12 000 dinars dans certaines wilayas, soit trois fois le montant de la contravention qu’il permet d’éviter.
Le député insiste sur un principe de bon sens. Une règle ne devrait produire ses effets répressifs qu’à partir du moment où les citoyens disposent réellement des moyens de s’y plier. Son argumentaire s’appuie sur la réalité de terrain plutôt que sur la lettre du texte.
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Le gel des amendes réclamé jusqu’au réapprovisionnement du marché
Concrètement, Bachir Brahmi plaide pour une mise en veille des procès-verbaux dressés à ce motif. Cette parenthèse durerait le temps nécessaire pour que les importateurs et fabricants inondent à nouveau le marché de matériel homologué. Les propriétaires de véhicules pourraient alors s’équiper sans précipitation ni surcoût.
La demande ne remet nullement en cause l’utilité du dispositif. Personne ne conteste qu’un départ de feu dans un habitacle se combat dans les toutes premières secondes. Le débat porte uniquement sur le calendrier d’application des sanctions financières.
Cette initiative parlementaire intervient alors que les contrôles se sont intensifiés sur l’ensemble du réseau routier depuis la rentrée. Les brigades vérifient systématiquement la présence des trois accessoires réglementaires à bord, et la Gendarmerie nationale a précisé les caractéristiques techniques exigées selon le type de motorisation.
Trois équipements obligatoires et une amende forfaitaire de 4 000 dinars
La réglementation issue de la loi n° 26-09 impose à tout conducteur de transporter en permanence un extincteur en état de fonctionnement, un triangle de présignalisation et un gilet rétroréfléchissant.
L’absence de l’un de ces éléments constitue une infraction de deuxième classe. La note s’élève alors à 4 000 dinars, quel que soit le gabarit du véhicule.
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Les véhicules au GPL soumis à des exigences renforcées
La situation se complique davantage pour les propriétaires de voitures converties au sirghaz. Ces derniers doivent embarquer un appareil à poudre d’au moins deux kilogrammes, un format encore plus difficile à dénicher que les modèles standards. La sanction grimpe ici jusqu’à 20 000 dinars, avec un risque de privation de liberté pouvant atteindre trois jours.
L’inflammabilité du gaz justifie cette sévérité accrue. Des centaines de milliers de véhicules roulent aujourd’hui au GPL en Algérie, séduits par un carburant nettement plus économique. En contrepartie, les conducteurs de voitures GPL s’exposent à des sanctions bien plus lourdes en cas de manquement.
Les gendarmes rappellent par ailleurs qu’un extincteur périmé équivaut à un extincteur absent. La date de validité doit être contrôlée régulièrement, et l’appareil rangé à portée de main plutôt qu’enfoui sous les bagages. Reste désormais à savoir si le ministère répondra favorablement à cette requête parlementaire.







