La tension autour du sel a surpris plus d’un consommateur en Algérie ces derniers jours. Ruées dans certains commerces, inquiétudes sur la conformité de produits et interrogations sur la présence d’iode, le climat s’est chargé en peu de temps.
Face à cette séquence, l’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur (APOCE) a publié une mise au point, images à l’appui, pour clarifier deux points : la production nationale reste suffisante et le sel sans iode n’est pas toxique, même si l’enrichissement demeure une mesure de santé publique.
Pénurie de sel en Algérie ? Une demande sous pression, mais une production jugée suffisante
Dans son communiqué, l’APOCE fait état d’un « relâchement progressif de la pression de la demande ». L’organisation attribue la flambée observée à « la rumeur et au comportement du consommateur », ainsi qu’à « la crainte de certains opérateurs économiques » après des interventions des services de contrôle.
🟢 À LIRE AUSSI : Vague d’intoxications alimentaires : le ministère de la Santé appelle à la vigilance en ce Ramadan
Pour appuyer ses propos, des responsables du commerce de la région de Ouargla et de la wilaya d’El Oued ont effectué une visite de terrain au sein de l’entreprise Kouisel, présentée comme la deuxième unité nationale en capacité de production après l’Entreprise nationale du sel.
La délégation a inspecté la chaîne complète, du traitement de la matière première jusqu’au conditionnement final. Les images diffusées montrent également l’activité du laboratoire interne chargé du contrôle, notamment la vérification de la teneur en iode conformément aux textes en vigueur.
Le message affiché par l’APOCE se veut clair. La production nationale couvre largement les besoins du marché.
Sel iodé : pourquoi l’enrichissement reste une mesure de santé publique ?
Au-delà de la question de l’approvisionnement, l’organisation a tenu à rappeler un élément scientifique : « le sel sans iode n’est pas toxique ». Toutefois, elle souligne que le sel enrichi constitue « un moyen préventif de santé publique ».
L’iode joue un rôle central dans le fonctionnement de la glande thyroïde. Cet oligo-élément intervient dans la fabrication des hormones thyroïdiennes, qui régulent la croissance, le métabolisme et plusieurs fonctions de l’organisme. Il participe aussi au développement cérébral chez l’enfant.
🟢 À LIRE AUSSI : Viande locale ou importée ? Voici comment ne plus vous faire piéger chez le boucher
Une carence peut entraîner :
- Un goitre, soit une augmentation du volume de la thyroïde
- Des troubles du développement
- Des perturbations hormonales
L’APOCE rappelle que le choix du sel comme vecteur d’iode n’a rien d’aléatoire. Produit consommé quotidiennement, il permet d’assurer un apport régulier sans modifier les habitudes alimentaires de la population.
Point réglementation : quelle teneur en iode pour le sel en Algérie ?
L’organisation indique que la carence en iode demeure présente dans plusieurs régions du monde, y compris en Algérie, en raison de la pauvreté des sols en cet élément. Les aliments naturels ne suffisent pas toujours à couvrir les besoins journaliers.
Dans ce cadre, la législation algérienne impose aux producteurs d’ajouter une proportion précise d’iode au sel alimentaire. Le seuil minimal fixé est de 55 milligrammes par kilogramme.
🟢 À LIRE AUSSI : La loi sur la déchéance de la nationalité algérienne prend effet : que change le décret présidentiel ?
À l’échelle internationale, la teneur du sel iodé se situe généralement entre 30 et 100 milligrammes par kilogramme, selon les politiques sanitaires en vigueur.
L’objectif affiché par les autorités reste la réduction des maladies liées à la carence en iode, la prévention des troubles thyroïdiens et le soutien au développement cognitif et physique des enfants.

