Pénurie de médicaments : l’État durcit le ton et fixe un délai aux laboratoires algériens

Pénurie de médicaments : l’État durcit le ton et fixe un délai aux laboratoires algériens
Pénurie de certains médicaments en Algérie

Face aux perturbations récentes dans la disponibilité de certains médicaments, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a décidé de hausser le ton. Dans un communiqué ferme, il a accordé un délai strict, allant de 48 heures à cinq jours au maximum, aux entreprises pharmaceutiques pour mettre sur le marché les stocks de médicaments actuellement retenus.

Cette décision intervient à la suite d’enquêtes menées par les services compétents, qui ont révélé une situation préoccupante : plusieurs médicaments signalés comme rares, voire introuvables dans les pharmacies, sont en réalité disponibles dans les entrepôts de certaines entreprises, qu’il s’agisse d’importateurs, de fabricants ou de distributeurs en gros.

Une situation jugée inacceptable

Le ministère dénonce clairement des pratiques qui contribuent à aggraver la pénurie. Alors que les patients peinent à trouver certains traitements essentiels, les stocks existeraient bel et bien en amont de la chaîne de distribution. Une situation jugée inacceptable par les autorités, qui pointent du doigt des comportements contraires à la réglementation.

Dans sa note adressée aux opérateurs du secteur, le ministère insiste sur la nécessité de rétablir rapidement un approvisionnement normal des pharmacies. Le ministère rappelle que la disponibilité des médicaments constitue une priorité de santé publique et refuse que des pratiques spéculatives ou des stratégies de rétention de stock la compromettent.

Des mesures immédiates et un contrôle renforcé

Pour remédier à cette situation, le ministère somme les entreprises concernées de lancer immédiatement la distribution des médicaments en rupture ou en tension. Elles devront se conformer strictement aux règles en vigueur afin de garantir l’approvisionnement de l’ensemble des officines à travers le territoire national.

Par ailleurs, le ministère a annoncé la mise en place d’opérations de contrôle sur le terrain. Ces inspections seront menées par les services compétents afin de vérifier l’application effective des instructions et de s’assurer que les médicaments atteignent bien les pharmacies dans les délais fixés.

Des sanctions sévères en cas de manquement

Le ton se veut dissuasif. Les autorités préviennent que tout non-respect de ces directives pourra entraîner des sanctions lourdes, pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément des entreprises fautives. Le ministère rappelle également que certaines pratiques illégales, telles que la spéculation, le stockage abusif ou encore la vente conditionnée, sont strictement interdites et passibles de poursuites conformément à la législation en vigueur.

À travers ces mesures, le gouvernement entend rétablir l’équilibre du marché et garantir un accès équitable aux médicaments pour tous les citoyens. Une intervention qui traduit la volonté des autorités de mettre fin aux dysfonctionnements et de protéger le système de santé contre toute forme de dérive.