Pénurie de médicaments : Les malades chroniques, premières victimes

dimanche 10 avril 2011 à 21:52
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pharm_848565575.jpgLes pharmacies manquent de médicaments. Certains destinés à des malades chroniques comme Zyloric contre le rhumatisme, le Diamicron 30 pour les diabétiques non insulinodépendants, se font rares dans les officines d’Alger. Même les comprimés contraceptifs tels que Adepal, Minidril ou Marvelon ne sont pas disponibles.

Les clients sont toujours obligés de sillonner des kilomètres pour se procurer les médicaments prescrits par le médecin. Mais souvent, ils retournent bredouilles. Pour le président du Syndicat national des pharmaciens d’officines (Snapo), Messaoud Belambri, la pénurie de médicaments est « un problème qui devient récurrent ». « Cela est incompréhensible quand on sait que la facture d’importation des médicaments avoisine les deux milliards de dollars », observe-t-il

Selon lui, plusieurs facteurs concourent à ce dysfonctionnement qui sera à l’ordre du jour de la prochaine rencontre de la commission mixte ministère de la Santé-Snapo. «La situation a empiré après le report d’une année de l’application de la décision du gouvernement relative à l’approvisionnement directe des officines par les producteurs », estime-t-il. En outre, le médicament « est soumis à des quotas et à des ventes concomitantes », précise-t-il.

L’Ordre national des pharmaciens (ONF) estime que plusieurs facteurs ont mené à cette situation. « L’approvisionnement du marché se fait à partir de l’importation et de la production nationale. 70% du marché est alimenté de l’extérieur et ceci exige des commandes de 3 à 6 mois. Or, nous sommes soumis à un système d’autorisation d’importation annuel ce qui créé des perturbations sur le marché dues à un problème de régulation », estime son vice-président Amir Touafek. Même les producteurs nationaux sont soumis à ce type de difficultés. « L’importation de la matière première dépend de plusieurs départements ministériels. C’est un véritable parcours du combattant. Sans oublier les différentes étapes de conformité et de commercialisation qui suivent la production. Le cumul des délais est de l’ordre de six mois minimum », explique-t-il.

Une troisième raison vient s’ajouter, « elle incombe à ceux qui pratiquent la spéculation et la rétention de médicaments oubliant l’éthique et la déontologie qui réglementent ce type de commerce », affirme-t-il tout en soutenant qu’ils sont « marginaux ».

Pour l’association nationale d’aide aux personnes atteintes de cancer Nour Doha, la situation est préoccupante. Sa présidente, Samia Gasmi, confirme la souffrance vécue par les cancéreux face au manque de médicaments comme Avastine préconisé dans le traitement du cancer du colon et des poumons ou Tamgesic, un calmant pour les patients atteints de tous types de cancers. « Nous lançons un appel aux responsables concernés pour mettre un terme au plus vite à cet état de fait », dit-elle.

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