Peine de prison requise contre la tiktokeuse controversée « Ferdawsa »

Peine de prison requise contre la tiktokeuse controversée « Ferdawsa »
Tribunal Dar El-Beïda

Le parquet près le tribunal de Dar El Beïda a requis ce mardi le 12 mai, une peine de deux ans de prison ferme assortie d’une amende de 200 000 dinars à l’encontre d’une influenceuse connue sur TikTok sous le pseudonyme « Ferdawsa », placée en détention depuis le 20 avril dernier. La prévenue, âgée de 48 ans et résidant à Bordj El Kiffan, est poursuivie pour diffusion de contenus jugés contraires aux bonnes mœurs et pour outrage à un corps constitué.

Selon l’accusation, la mise en cause a publié sur les réseaux sociaux, notamment TikTok et Facebook, des vidéos et messages à caractère « immoral », accompagnés de propos offensants à l’égard des services de sécurité. Ces publications ont suscité une vive polémique en ligne, provoquant une vague d’indignation parmi les internautes qui ont dénoncé des contenus attentatoires aux valeurs sociales et religieuses, appelant à des sanctions judiciaires.

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À la barre, la prévenue a comparu pour répondre de plusieurs chefs d’inculpation, dont diffusion de discours incitant à la dépravation des mœurs et outrage à un corps constitué via des publications numériques. Elle a catégoriquement rejeté l’ensemble des accusations, malgré la présentation par le tribunal de supports vidéo versés au dossier.

La Tiktokeuse se défend

Dans ses déclarations, « Ferdawsa » a affirmé ne pas avoir eu l’intention de porter atteinte à la morale publique ni d’offenser les forces de l’ordre. Elle a expliqué que les vidéos incriminées s’inscrivaient dans le cadre de contenus personnels liés à son quotidien, diffusés spontanément. Évoquant sa situation personnelle, elle a sollicité la clémence du tribunal, soulignant être mère de quatre enfants dont elle assure seule la charge.

La tiktokeuse controversée a reconnu avoir tenu certains propos déplacés en réaction aux critiques virulentes dont elle faisait l’objet en ligne, tout en niant toute volonté de nuire. Elle a également indiqué utiliser les réseaux sociaux pour solliciter une aide financière, affirmant être en situation précaire.

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Procédures légales et verdict attendu

L’affaire remonte à une opération de veille menée par la brigade de lutte contre la cybercriminalité, qui a repéré une vidéo de 55 secondes publiée sur TikTok. On y voit la prévenue, vêtue d’un jilbab noir dans un espace public, évoquer de manière jugée indécente les vêtements portés sous cette tenue. Rapidement relayée sur plusieurs plateformes, la séquence a suscité de nombreuses réactions indignées. Certains internautes estiment qu’elle portait atteinte à la symbolique religieuse de ce vêtement.

Les investigations ont permis d’identifier la titulaire du compte et de remonter jusqu’à la prévenue. Les enquêteurs ont également relevé qu’elle avait répondu à ses détracteurs par des vidéos en direct, utilisant, selon le dossier, des propos vulgaires et des gestes considérés comme obscènes. Elle a également tenu des propos jugés offensants envers la police, en réaction aux critiques évoquant une possible intervention des services de cybersurveillance.

Le tiktokeuse a été interpellée le 20 avril 2026 alors qu’elle se rendait dans un commissariat pour s’enquérir de la situation de son neveu. Elle a été placée dans la foulée sous procédure et son téléphone portable saisi. Les éléments numériques récupérés ont été versés au dossier judiciaire.

Enfin, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Il devra prononcer au verdict la semaine prochaine, ajoute la même source.

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