Patrimoine en Algérie : le dossier des Itinéraires augustiniens officiellement soumis à l’UNESCO

Patrimoine en Algérie : le dossier des Itinéraires augustiniens officiellement soumis à l’UNESCO
Patrimoine algérien UNESCO

Dans une démarche stratégique saluée par les milieux culturels et académiques, la ministre de la Culture et des Arts, Mme Malika Bendouda, a présidé ce jeudi la cérémonie d’installation de la Commission nationale chargée du suivi du dossier « Les Itinéraires Augustiniens en Algérie », soumis à l’UNESCO en vue d’une reconnaissance internationale.

La cérémonie, tenue au siège du ministère de la Culture et des Arts, marque alors une nouvelle étape dans la politique de valorisation du patrimoine civilisationnel algérien, riche et multimillénaire.

Le projet des Itinéraires Augustiniens s’étend alors sur près de 1 500 kilomètres à travers les villes de l’est et du centre de l’Algérie antique, reliant des sites archéologiques et des monuments historiques d’une valeur inestimable. Parmi les sites concernés figurent :

  • Hippone (Annaba)
  • Calama (Guelma)
  • Thibillis (Sellaoua Announa)
  • Tubursicum Numidarum (Khamissa)
  • Madaure (Mdaourouch)
  • Thagaste (Souk Ahras)
  • Castellum Tidditanorum (Tiddis)
  • Thagora (Taoura)
  • Milevum (Mila)
  • Sitifis (Sétif)
  • Caesarea (Cherchell)
  • Cartennae (Ténès)
  • Theveste (Tébessa)
  • Thubunae (Tobna / Batna)

Ainsi, cet itinéraire ambitieux redessine la géographie intellectuelle et patrimoniale de ces villes, en les réunissant autour d’un héritage commun : celui de la civilisation numide et romano-africaine qui a vu naître l’une des figures les plus universelles de l’histoire de la pensée, saint Augustin d’Hippone.

Une commission nationale d’experts au service du dossier

La Commission nationale nouvellement installée réunit une élite de spécialistes en archéologie, histoire et anthropologie, ainsi que des experts en valorisation du patrimoine. Ses missions sont multiples et complémentaires :

La coordination et le suivi reposent donc sur l’établissement d’une liaison permanente avec les instances nationales ainsi qu’avec l’UNESCO, afin d’assurer un pilotage efficace et cohérent du dossier.

Parallèlement, la valorisation et la promotion impliquent aussi l’élaboration de stratégies innovantes visant à positionner ces itinéraires comme une destination culturelle mondiale à part entière.

La protection et la conservation constituent également un axe essentiel, à travers la supervision de programmes dédiés à la sauvegarde des sites archéologiques et des monuments historiques qui jalonnent ces parcours.

Enfin, la recherche scientifique doit être encouragée, notamment par le soutien aux études académiques et aux travaux spécialisés, afin d’approfondir la connaissance et la compréhension de cet héritage civilisationnel d’exception.

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Augustin, un génie universel né sur la terre algérienne

Né en 354 après J.-C. à Thagaste, l’actuelle Souk Ahras, Aurelius Augustinus connu sous le nom de saint Augustin est l’une des personnalités intellectuelles et spirituelles les plus influentes de l’histoire de l’humanité. Évêque d’Hippone, philosophe, théologien et auteur des célèbres Confessions et de La Cité de Dieu, sa pensée a traversé les continents, les siècles et les religions, faisant de lui un pont vivant entre l’Afrique et l’Europe, entre la foi et la raison.

L’Algérie revendique à juste titre cette figure universelle comme l’un des fleurons de son génie civilisationnel, fruit d’une terre nourricière où se sont croisées et enrichies mutuellement les cultures numide, berbère, romaine et chrétienne.

Ce qui distingue les Itinéraires Augustiniens des autres parcours culturels dans le monde, c’est leur caractère transcontinental et transreligieux : ils constituent un trait d’union exceptionnel entre l’Afrique et l’Europe, incarnant la rencontre profonde entre foi, philosophie et mémoire collective.

Sur le plan patrimonial, ce projet garantit la préservation du tissu urbain et archéologique des sites numidie-romains, maintenant vivante l’âme des lieux témoins de l’accumulation civilisationnelle algérienne.

Ainsi, sur le plan économique et touristique, l’initiative transforme des sites archéologiques souvent méconnus en espaces culturels vivants, capables de nourrir un tourisme de mémoire porteur d’une dynamique économique locale durable, au bénéfice des populations et des territoires concernés.