Patrimoine algérien : le gouvernement relance la restauration de la Citadelle hafside d’Annaba

Patrimoine algérien : le gouvernement relance la restauration de la Citadelle hafside d’Annaba
Patrimoine algérien citadelle Annaba

Dans une démarche qui redonne toute sa valeur à l’un des monuments historiques les plus emblématiques d’Algérie, la ministre de la Culture et des Arts, Mme Maliha Bendouda, a annoncé, lors d’une visite de travail et d’inspection dans la wilaya d’Annaba, un ensemble de mesures d’urgence visant à protéger la Citadelle hafside et à mettre en valeur son riche patrimoine civilisationnel.

Érigée sur une colline dominant la ville d’Annaba, la Citadelle hafside s’étend sur une superficie de 1,5 hectare et constitue l’un des ouvrages défensifs les plus anciens d’Afrique du Nord. Sa construction remonte au XIIIe siècle sous le règne de la dynastie hafside, faisant d’elle un bastion stratégique qui a traversé les âges de la période islamique à l’époque ottomane, jusqu’à la colonisation française et qui porte en ses murs la mémoire plurielle de l’antique cité de Bône.

Pourtant, ce monument classé souffrait depuis de nombreuses années d’un abandon progressif, aggravé par le gel de son projet de restauration depuis 2015, laissant ses murailles s’effriter sous les effets du temps et des intempéries.

Citadelle d’Annaba : lever le gel, relancer les travaux

Face à cette situation préoccupante, Mme Bendouda a annoncé des mesures d’urgence immédiates pour débloquer la situation. La priorité absolue : lever le gel qui paralysait le chantier de restauration depuis plus d’une décennie et lancer sans délai les travaux sur le terrain, en commençant par la consolidation et la restauration des remparts endommagés, afin de garantir la pérennité de ce patrimoine irremplaçable.

« Il n’est plus question d’attendre », a-t-elle déclaré, affirmant que la sauvegarde de ce monument relevait d’une responsabilité nationale et que toutes les dispositions nécessaires seraient prises pour que les travaux démarrent dans les meilleurs délais.

Au-delà de la restauration physique du site, la ministre a insisté sur la nécessité d’ancrer la citadelle dans une démarche scientifique rigoureuse. Elle a ainsi donné instruction de lancer un projet de recherche archéologique approfondi, mené conjointement par le Centre national de recherche archéologique et l’Université d’Annaba.

Ce programme ambitieux vise à mettre au jour les vestiges et les découvertes relatifs à la période islamique, à documenter les différentes strates historiques du site et à faire rayonner sa valeur civilisationnelle au-delà des frontières régionales.

Parmi les volets les plus chargés de sens de cette visite figure la question du centre de torture aménagé au sein de la citadelle à l’époque coloniale. Mme Bendouda a fermement insisté sur la nécessité de documenter ce lieu de mémoire douloureuse, en veillant à ce que les souffrances endurées par les Algériens entre ces murs ne tombent jamais dans l’oubli.

Elle a ordonné la publication d’un ouvrage documentaire qui retracera cette page sombre de l’histoire, en hommage à la mémoire nationale et en signe de fidélité aux générations qui ont payé de leur vie le prix de la liberté.

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Une vision globale pour la valorisation du site

Sur le plan de l’aménagement, la ministre a jugé insuffisante l’étude d’aménagement extérieur existante et a ordonné sa révision complète. La nouvelle vision devra s’inscrire dans une approche globale et cohérente, intégrant à la fois l’ancien rempart et le monument des Sept Dormants dans un plan de valorisation unifié.

Cette orientation traduit la volonté du secteur de la culture de faire de la Citadelle hafside un véritable pôle culturel et touristique, capable de relier entre elles les différentes époques historiques qui ont façonné l’identité de la ville d’Annaba, et d’attirer visiteurs, chercheurs et passionnés d’histoire venus des quatre coins du monde.

Cette visite ministérielle envoie un signal clair : le patrimoine historique algérien n’est pas un héritage figé, mais une ressource vivante qui mérite investissement, recherche et mise en valeur. La Citadelle hafside d’Annaba, trop longtemps laissée à l’abandon, pourrait bien renaître de ses cendres et retrouver la place de choix qui lui revient dans le paysage culturel national.

Les habitants d’Annaba, attachés à leur citadelle comme à un symbole de leur identité, attendent désormais que les annonces se transforment rapidement en actes concrets et que les pierres séculaires de la citadelle racontent à nouveau, fièrement, l’histoire d’une ville et d’un peuple.