Une voiture réduite en cendres au cœur d’une résidence sécurisée sise dans la commune d’El-Achour. Ce qui ressemblait à un acte isolé s’est révélé être un complot soigneusement orchestré depuis la France. La police judiciaire de Draria a percé le mystère grâce aux enregistrements des caméras de surveillance, mettant au jour une machination familiale motivée par la jalousie et la vengeance.
La victime, identifiée par les initiales « Ch.L », avait garé son véhicule dans une résidence avant de rentrer chez lui peu avant 2h du matin. Deux heures plus tard, les cris des agents de gardiennage le tirent du sommeil. En descendant, il découvre sa voiture entièrement embrasée, les pompiers de la Protection civile déjà sur place mais impuissants à sauver le moindre élément.
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Un complot piloté depuis la France, exécuté à Alger
La plainte déposée en avril 2025 a déclenché une enquête qui allait rapidement prendre une tournure inattendue. En passant au crible les images de vidéosurveillance, les enquêteurs repèrent une voiture grise dont les deux occupants effectuent plusieurs allers-retours suspects dans le quartier. L’un d’eux finit par descendre du véhicule, brise la vitre de la voiture, y verse de l’essence et y met le feu avant de prendre la fuite.
La victime ne reconnaît aucun des deux individus. Sa fiancée, en revanche, identifie formellement le véhicule et l’auteur de l’incendie sur les images : il s’agit de B.B, un ami de l’ex-mari de la jeune femme. Ce dernier, désigné par les initiales S.B, réside en France. Incapable d’accepter que son ex-fiancée ait refait sa vie, il a conçu un plan de vengeance à distance, ciblant non pas elle directement, mais le bien de son nouveau compagnon.
Le propriétaire de la voiture utilisée pour la fuite, « A.B », est rapidement interpellé. Lui aussi fait partie du cercle proche de l’expatrié. Quant à la sœur de ce dernier, « S.F », son rôle s’avère central : elle surveillait la fiancée de la victime sur les réseaux sociaux et a transmis à son frère l’adresse exacte de la résidence, facilitant ainsi l’exécution du plan.
Quatre accusés, des réquisitions sévères et un fugitif introuvable
Le parquet a retenu contre les quatre mis en cause les chefs d’incendie volontaire de biens appartenant à autrui et de complicité. « S.B » et « B.B », tous deux en fuite, sont passibles de 15 ans de prison ferme selon les réquisitions du procureur de la République. Pour « S.F », restée en Algérie, la peine requise est de 5 ans ferme assortie d’une amende de 500 000 dinars.
À l’audience, les deux prévenus présents ont adopté des stratégies de défense similaires. « A.B » a reconnu avoir conduit son ami jusqu’à la résidence, mais a affirmé ignorer ses intentions réelles. « S.F » a admis avoir appris l’incendie après les faits, tout en niant toute participation à la planification. Son avocat a par ailleurs soulevé un point de droit notable : selon lui, « S.B » n’est pas l’ex-mari de la fiancée de la victime, le mariage étant toujours juridiquement valide en France, ce qui modifierait la qualification des faits.
La défense de la victime réclame, quant à elle, une indemnisation solidaire de 600 millions de centimes au titre du préjudice subi, estimant la gravité des faits particulièrement élevée.
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Une fiancée également poursuivie pour escroquerie
L’affaire ne s’arrête pas là. Au fil de l’enquête, deux plaintes distinctes ont émergé contre « S.A », la fiancée de la victime. Deux personnes l’accusent de les avoir escroqués en se prévalant de sa résidence en France pour leur promettre l’importation de véhicules de moins de trois ans, moyennant 12 000 euros chacun. Les voitures ne sont jamais arrivées, et « S.A » a disparu sans rembourser.
Devant le tribunal, elle a reconnu avoir encaissé les sommes en devises, mais a soutenu avoir agi de bonne foi. Elle affirme avoir restitué 6 000 euros à l’une des victimes, ce que cette dernière conteste formellement. Pour la seconde victime, elle invoque l’absence de compte bancaire pour justifier l’absence de remboursement. Le parquet a requis à son encontre 10 ans de prison ferme pour escroquerie.
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