Ahmed Ouyahia a laissé entendre, lors d’une réunion avec les principaux dirigeants du RND, qu’il n’est pas concerné par le remueménage, dont use les islamistes pour accaparer l’actualité politique, à trois mois des législatives.
Le secrétaire général du RND a, aussi, fait savoir que le parti est assez consistant pour faire face aux alliances qui se forment et que son parti reste une force politique prépondérante qui aura toujours son mot à dire, lors des grandes échéances électorales.
Selon notre source, un proche d’Ouyahia, il est attendu que le RND développe une stratégie qui lui permette de faire face aux conglomérats politiques, «mais pour le moment, rien n’est encore décidé, même si le PT reste toujours un parti avec lequel le RND partage des affinités et des tendances».
Après une vingtaine d’années de bras-de-fer avec la mouvance islamiste, dont il reste l’«ennemi intime», Ouyahia traversera, vraisemblablement, une zone de turbulences qu’il ne connaît pas encore, pour ne l’avoir pas vécue, auparavant, d’autant que le contexte politique régional, lui, est largement défavorable, avec la victoire des islamistes en Égypte, au Maroc, en Libye et en Tunisie. Ouyahia jouera presque à contre-champ et risquera d’y laisser des «plumes», selon ses détracteurs, les islamistes de l’ancien FIS, qui lui prédisent, d’ores et déjà, une défaite cinglante.
Le MSP, Ennahda, Menasra, Hachemi sahnouni et El-Islah, tous, partis et personnalités, se sont ligués pour tirer sur Ahmed Ouyahia, ces derniers mois, en laissant clairement entendre au président de la République, que «les élections ne pourraient se tenir dans de bonnes conditions sous le gouvernement Ouyahia».
Le RND leur rend bien. Il y a quelques jours, Chihab Seddik, membre du bureau national du RND et vice-président de l’Assemblée, interrogé sur le risque d’un raz-de-marée islamiste, lors des prochaines législatives, a répondu : «Nous n’avons pas peur d’un raz-demarée islamiste», avant d’arguer qu’il est question de «trois catégories d’islamistes en Algérie».
Et de préciser : «Il y a une première catégorie d’islamistes qui se sont compromis dans la gestion du pouvoir, il y a une deuxième catégorie compromise dans le terrorisme et une troisième catégorie d’islamistes qui sont dans les affaires. Cette dernière catégorie est une caste qui a découvert les plaisirs de l’argent.» Chihab terminera : «Les Algériens ne veulent pas de ces islamistes», a-t-il lancé, en pensant, certainement, au MSP. La guerre des mots est lancée, tenez-vous bien !
Fayçal Oukaci
