Naguib Sawiris, le président du groupe égyptien Orascom Telecom, multiplie les démarches et les appels du pied et ne désespère pas de trouver preneur aux actifs de son groupe.
Naguib Sawiris, le président du groupe égyptien Orascom Telecom, multiplie les démarches et les appels du pied et ne désespère pas de trouver preneur aux actifs de son groupe.
Empêtré dans une situation financière peu reluisante et empêché de vendre sa filiale la plus rentable, l’algérienne Djezzy, le magnat égyptien des télécommunications s’est tourné vers un groupe russe.
Il a déclarait ce lundi que sa holding Weather Investments discutait avec le groupe russe de télécommunications Vimpelcom en vue d’une fusion.
C’est, en tous cas ce que rapportait hier le quotidien canadien The Globe and Mail. Sawaris se dit, également, disposé à discuter avec d’autres groupes. «Nous ne leur parlons pas seulement à eux: nous parlons à tout le monde», a dit Naguib Sawiris au Globe and Mail en référence à des discussions de fusion avec Vimpelcom.
Cultivant l’amalgame, voire la ruse et la surenchère, Sawiris ne confirmait qu’à demi-mot ses contacts, à l’époque avec le sud africain MTN et c’est la première fois, depuis que l’actualité rapporte l’intérêt du groupe russe pour les actifs d’Orascom que Sawiris confirme la tenue de discussions. Ce sont des sources bancaires citées par Reuters qui donnent plus de détails.
Ces sources affirmaient que le patron d’OTH négociait une opération de rapprochement dont le montant pourrait atteindre 6,5 milliards de dollars (5,1 milliards d’euros) hors dettes. Un accord avec Vimpelcom pourrait assurer à l’Egyptien et à ses alliées 20 à 23% des droits de vote dans le nouvel ensemble. Un «os» reste cependant en travers de ces pourparlers
Il s’agit de la filiale Djezzy, la plus rentable et la plus importante du groupe. Le gouvernement algérien met son veto à sa cession et les candidats acquéreurs ne comptent pas négocier sur des actifs qui n’englobent pas Djezzy.
Le droit de préemption que comptent faire valoir les autorités algériennes sur la vente de Djezzy risque, selon les analystes et banquiers, de faire capoter cette nouvelle tentative «Nous avons deux sujets à l’ordre du jour en ce moment: résoudre le problème algérien et, ensuite, trouver un bon partenaire pour le groupe», déclare Naguib Sawiris qui feint ne pas comprendre qu’il s’agit, en fait, d’une seule et même préoccupation.
Trouver un partenaire au groupe ne saurait se faire sans Djezzy Rappelons que Naguib Sawiris a dans le passé tenté de vendre une partie de ses actifs au sud-africain MTN mais les discussions ont été rompues après le refus du gouvernement algérien de le laisser inclure sa filiale locale Djezzy dans les actifs cédés.
Le gouvernement algérien qui prend d’ailleurs tout son temps pour entamer les négociations avec l’égyptien vient, selon le quotidien El Khabar, de confier à l’expert-comptable Mohamed Hadj Ali une mission d’évaluation de Djezzy consistant à déterminer sa valeur financière. Cette mission débutera la deuxième semaine de septembre pour une durée maximale de deux mois.
Le gouvernement algérien situe la valeur de l’opérateur entre 2 et 3 milliards de dollars, alors que pour l’opérateur égyptien, la valeur de sa filiale algérienne ne doit pas être inférieure à 6 milliards de dollars. Ce qui augure de négociations serrées et âpres et qui risquent de durer dans le temps. Et le temps est le pire ennemi actuel de Sawiris