À peine entamées, les opérations de nettoyage de grande envergures des villes ordonnées par le Premier ministre se sont déjà éclipsées, cédant la place aux anciens décors d’ordures et d’insalubrité.
Depuis son installation à la tête du gouvernement, le Premier ministre Abdelmalek Sellal a donné instruction de procéder à des opérations de nettoyage d’envergure à travers toutes les villes d’Algérie. Au début, tout semblait joindre l’acte à la parole durant le mois de septembre dernier, quand des équipes de nettoyage ont été mobilisées pour mettre en œuvre le plan du nouveau Chef de gouvernement. À l’Alger, comme au niveau de plusieurs autres villes, les campagnes d’assainissement ont été applaudies par la population, d’autant que les résultats étaient concrets. Dans certaines wilayas, à l’exemple de la capitale, Boumerdès, Tizi Ouzou, ces opérations ont vu l’implication de centaines de citoyens volontaires qui ont adhéré à cette initiative. Néanmoins, cette campagne n’aura duré que quelques semaines pour que les villes replongent dans leur habituelle saleté. Le lancement de la campagne électorale a, par ailleurs, donné lieu à une anarchie d’affichage et un laisser-aller des autorités locales qui, pourtant, ont été instruites de sévir et de veiller au respect de l’hygiène et de la propreté dans les lieux publics. Au niveau de la capitale comme partout ailleurs, les affiches électorales sont collées anarchiquement. Le scénario est donc le même au sujet de la campagne électorale. Le peu d’affiches collées correctement sur les panneaux réservés à l’affichage est, lui, arraché et défiguré par les citoyens.
Ainsi, les formations politiques ont opté pour le travail de proximité, collant leurs affiches dans les cités, marchés, écoles et autres lieux publics. Outre cette image familière des campagnes électorales, des villes persistent à briller par leur saleté et les équipes mobilisées il y a plusieurs semaines pour les nettoyer semblent déjà avoir abandonné leur mission. Si les autorités locales ont l’habitude d’expliquer cette situation par l’incivisme des citoyens, ces accusés pointent du doigt l’irresponsabilité des responsables locaux.
Mais quelles que soient les origines du phénomène, le résultat est le même : les ordures envahissent les bas des immeubles, les quartiers et autres lieux public et font partie du décor. Alger, vitrine des villes algériennes, a obtenu une très mauvaise note en matière de propreté, et on se demande s’il n’est pas temps que son image soit redorée. Selon une étude menée par le groupe britannique Urban Clean environnement publiée il y a quelques années, «Alger est classée 3e ville la plus sale au monde derrière Banjul, en Gambie, et Kigali au Rwanda, avec un résultat de 3,75%». Selon la même source, cette situation est due en premier lieu au «manque de civisme de la population».
«Les citoyens n’utilisent pas les poubelles publiques et ne se gênent pas de jeter les ordures et les bouteilles en plastique par les fenêtres des maisons», a expliqué la même source. Il est certes difficile de changer les mauvaises habitudes des citoyens, comme il est peu plausible que les autorités publiques ou locales fassent leur travail convenablement. Mais on peut se réconforter quand même par le fait qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire.
Yasmine Ayadi
